Jean-Michel Jacquemin-Raffestin

« On peut tromper tout le monde pendant un certain temps et certains pour toujours, mais on ne peut pas tromper tout le monde éternellement. » Abraham Lincoln

Ces fameux mensonges d'Etat : Tchernobyl - Чорнобиль – Chornobyl   Czarnobyla -Tschernobyl – Ciernobil – Чернобыль  –  Chernobyl - Fukushima - 福島 - Фукусима -

 La Covid-19, le graphène, la protéine Spike et les effets secondaires

La guerre des Etats-Unis à la Russie sur le dos des Ukrainiens et des Européens

 « Une erreur n’est pas une vérité parce qu’elle est partagée par beaucoup de gens. Tout comme une vérité n’est pas fausse parce qu’elle est émise par un seul individu. » Gandhi

Que contient ce fameux nuage

Expiré

 Que contient ce nuage ?

Quels sont les risques pour la santé ?

Extrait du livre "Tchernobyl : Aujourd'hui les Français malades"

Droits de reproduction réservés ISBN 2-268-04013-5

    Le nuage, très hétérogène, créé par la catastrophe de Tchernobyl se présente comme un aérosol. Il  est constitué de gaz : Krypton, Xénon, et de particules radioactives extrêmement volatiles telles que l'Iode, les Césium, le Tellure, le Mobylène, les Ruthénium, d’autres plus lourds comme le Strontium, le Plutonium.

    Il y a émission radioactive lorsque certain élèments naturellement instables, comme l’iode ou le césium, décident de se transformer pour parvenir à un état stable. La transformation peut s’accompagner de disparition de la matière. On parle alors de particules Alpha ou Bêta ou Gamma. Le rythme auquel se produit ce processus naturel de désintégration radioactive s’appelle l’activité de l’élément et se mesure en Becquerel, unité choisie en l’honneur de Henri Becquerel qui découvrit la radioactivité en 1896, (Prix Nobel en 1903). Un Becquerel est égal à une désintégration par seconde. Lorsqu’un élément est devenu stable il n’y a plus d’émission de radioactivité. La période d’un élément est le temps nécessaire pour que la moitié cet élément devienne un élément stable.

    Les radiations ne causent aucun dommage physique apparent. Elles attaquent les cellules du corps en provoquant des altérations des atomes qui le composent.

    Il y a différents rayons :

    -  Les rayons Alpha qui sont facilement arrêtés par une feuille de papier et ne peuvent normalement pas franchir les couches de l’épiderme.

     -  Les rayons Bêtas peuvent pénétrer le derme d’environ un centimètre, mais n’atteignent pas les organes internes, sauf s’ils sont ingérés ou inhalés.

     -  Les rayons Gamma traversent le corps de part en part. Seule une paroi métallique peut les arrêter.

   La quantité d’énergie reçue s’appelle la dose, elle se mesure en Rad. Les dégâts produits par une même dose Alpha ne sont pas les mêmes que ceux produits par une dose Bêta. Pour évaluer les dégâts on calcul l’équivalent de dose l’unité est le Sieverts qui remplace le Rem.

   La contamination va se faire de deux façons :

    -  Externe : directe par dépôt, sur la peau saine de particules solides ou liquides (pluie) ayant un certain taux de radioactivité ; indirecte par l’intermédiaire de l’environnement contaminé (vêtements, objets, plantes, herbes, etc.)

     -  Interne : par la pénétration de corps radioactifs dans l’organisme :

             o  Par voie pulmonaire (inhalation de particules très fines),

             o  Par voie digestive (ingestion de produits de la chaîne alimentaire, animale ou végétale, contaminés eux-mêmes initialement).

    Les particules radioactives tombent des nuages, ? lessivés ? par les pluies, de façons irrégulières. Ces particules ont tendance ? tomber d'autant plus rapidement qu'elles sont lourdes, le plutonium ne se retrouvera qu'à quelques kilomètres de la centrale.

    Cette contamination s'appelle « tâches de léopard ». Voilà pourquoi la majorité de notre territoire resta « en dessous des normes légales ».

    Notre sol est donc contaminé de façon inégale par divers radionucléïdes :

   - L'iode : Parmi les différents Iodes, l’Iode 131 constitue la partie la plus importante du nuage. Ce radionucléïde a une période radioactive ou de vie de 8,04 jours. Cela ne signifie pas qu’il disparaît au bout de 8 jours, mais que son activité est réduite de moitié tous les 8 jours. Soit 50% après 8 jours, 25% après 16 jours, 12,5% après 24 jours, 6,25% après 32 jours etc.

Sa période biologique, c’est ? dire le temps qu’il lui faut pour disparaître du corps humain est d’environ 4 jours.

   Malgré sa courte période de vie, l'Iode 131 est le plus nocif dans un premier temps, du fait de sa forme très volatile, l'iode radioactif fait partie des matières fissiles relâchées en plus grande quantité en cas d'accident.

   L’Iode 131 dégage un rayonnement Bêta et Gamma. Lorsqu’il pénètre dans les cellules de la glande thyroïde d’un individu, ? le rayonnement gamma aura un effet faible, par contre les électrons du rayon Bêta vont se comporter comme de véritables balles de revolver qui atteindront le noyau cellulaire de plein fouet. Ensuite de deux choses l’une : ou le noyau est détruit et la cellule meurt, ou il est seulement lésé et il existe alors un risque d’anomalie lors des divisions cellulaires, et par là même, un risque de cancer. [2]

   L'Iode est un métalloîde indispensable à la vie. Cet oligo-élément est apporté à l'organisme par l'alimentation. Les produits de la mer en sont particulièrement riches, surtout et de très loin, les algues marines, il fut découvert par Bernard Courtois, chimiste et pharmacien de Dijon, en 1811. Le soja et certains légumes comme l'ail, le cresson, ou les haricots verts en contiennent eux aussi une teneur appréciable. On considère généralement, en France que l'apport quotidien est de 0,1 mg. Il se concentre principalement dans la glande thyroïde.

   L'Iode 131 radioactif, du nuage de Tchernobyl, a une origine toute différente. Il est généré par les réactions de fissions qui se produisent au sein du combustible nucléaire. La fission des noyaux d'uranium ou de plutonium donne naissance ? toute une série de produits radioactifs dont plusieurs isotopes de l'Iode, (Iode 129,131,132,133...).[3]

   L'iode se fixe dans la glande thyroïde qui le capte sans faire de différence entre l'iode stable et l'iode radioactif. Plus la glande thyroïde est petite, plus vite elle est saturée. Une fois inhalé avec l'air ambiant ou ingér? avec l'alimentation, les atomes d'iode 131 passent dans le sang. Une partie est assez rapidement éliminée par les urines, l'autre est captée par la thyroïde avec un rythme d'élimination 2.000 fois plus lent. L'iode radioactif se trouve ainsi concentré dans un organe de petite taille où il demeure fixé pendant un temps relativement long. Les atomes radioactifs ont donc tout le loisir de se désintégrer et d'endommager les cellules thyroïdiennes. Après avoir irradié fortement la glande, certaines lésions provoquent des cancers, surtout chez les populations infantiles où la glande thyroïde est petite.

   Pour le Professeur Martin Schlumberger, spécialiste en médecine nucléaire ? l'hôpital  Gustave Roussy de Villejuif : ? La dose ? la thyroïde est fonction de trois facteurs : l'importance de la contamination, l'importance de la fixation de l'iode radioactif par la thyroïde, et la masse de la thyroïde. (...) Il faut également noter que, pour une même contamination, la dose ? la thyroïde est plus forte chez l'enfant que chez l'adulte, tandis que la thyroïde augmente de 1 g. chez le nouveau-né à 15-20 g. chez l'adulte. Ainsi, la dose ? la thyroïde, plus forte chez l'enfant est d'autant plus importante qu'il est plus jeune. (...) Cela montre clairement qu'en cas de contamination atmosphérique, les enfants et les femmes enceintes doivent être protégées en priorité. ?[4]

   La prévention en cas d'accident, dans les régions concernées, est de distribuer ? la population des pastilles d'iodate de potassium pour saturer leur thyroïde en ? iode stable ? afin de réduire la fixation en « iode radioactif ». Il est indispensable de saturer la glande thyroïde en iode stable, afin de bloquer le système thyroïdien de concentration de l'iode présent dans le sang. L'iode radioactif ne pourra ainsi plus se fixer sur la thyroïde, il sera plus vite éliminé par le système urinaire. On évitera ainsi l'apparition de cancer de la thyroïde.

   La protection est quasi totale lorsqu'il est administré de façon préventive, dans les 6 heures qui précèdent l'exposition. L'arrivée du nuage le 29 avril au-dessus de notre pays a largement laissé le temps aux autorités pour prendre les précautions sanitaires qui s'imposaient dans les régions particulièrement touchées par les pluies et les orages.

   Il y a ensuite les radionucléïdes ayant une longue période de vie. Ils provoquent une contamination interne et externe. Ils sont les principaux responsables de la contamination des sols, des plantes et des légumes dans lesquelles ils pénètrent par la racine. Ensuite la contamination se répand par la chaîne alimentaire.

   - Le Strontium : Découvert en 1787 par William Cruikshank, le strontium ne fut isolé qu’en 1808 par Sir Humphry Davy, chimiste et physicien britannique. Le strontium 90 a une période de vie moyenne de 28 ans. C’est un émetteur bêta abondamment produit lors des explosions nucléaires ; il constitue l’élément le plus dangereux des retombées radioactives avec le plutonium. Sa demi-vie biologique, dans le corps humain, est d'une dizaine d'années. C’est l’un des isotopes radioactifs les plus importants. Il possède des propriétés chimiques semblables à celles du calcium, dont il prend la place.

  Il se concentre dans les os, où il se fixe de façon très stable, à proximité des cellules souches des globules rouges et des cellules du système immunitaire, et où il agit de manière sélective sur les mécanismes de formation du sang. La radioactivité qu'il émet est source de leucémies, de cancers, notamment de la moelle épinière et des os. Même de faibles doses sont très dangereuses.

   - Le Césium : Il a été identifié pour la première fois en 1860 par Gustav Kirchhoff, physicien et Robert-Wilhem Bunsen, chimiste et physicien, tous deux allemands, c’est un émetteur de rayons Gamma. La période de vie du Césium 137 est de 30,2 ans, celle du Césium 134 est de 2 ans. Sa demi-vie biologique est de trois mois, période au bout de laquelle il diminue de moitié du fait que la plupart des substances sont remplacées dans le corps humain. Sa teneur dans l'organisme diminue assez rapidement s'il n'y a pas de nouvel apport. On l’absorbe par ingestion, concentré dans la chaîne alimentaire, il est analogue au potassium, il atteint tous les organes, avec une prédilection pour le foie, la rate et les muscles.

 « Il va donc y avoir, chez les gens qui ont inhalé cet aérosol, un risque accru de cancers du foie dans les 30 ans à venir, et l’existence d’antécédents d’hépatites virale est là, un facteur particulièrement favorisant » Indique le rapport de l’ORS de Corse de septembre 1986.

En ce qui concerne les faibles doses, on lit page 14 : « Les conséquences d’une irradiation ? faible dose sont préoccupantes. Plus l’exposition aux radiations a été longue et plus le risque est important de voir apparaître des cancers au bout de quelques dizaines d’années, en particulier des cancers des poumons et des leucémies. »

Pour le Docteur Abraham Béhar[5], Prix Nobel de la Paix en 1985 : « Le problème des faibles doses comporte deux volets : le rôle de la porte d’entrée et le rôle de l’organe qui va concentrer les substances. La question qui intéresse aujourd’hui les radiologistes est la porte d’entrée. En effet, l’aérosol qui va tout de suite attaquer les poumons a comme conséquence d’entraîner, plus particulièrement chez l’adulte, un nombre vérifié excessif de cancer du poumon. Le terrain est aussi très important : il existe des populations à risque, par exemple les fumeurs. Un fumeur ne va pas seulement risquer un cancer induit, il va risquer ce que l’on appelle un cancer favorisé » [6]

   Les muscles et les faisceaux conducteurs du coeur accumulent bien davantage de Césium 137 que les autres tissus. La maladie ainsi provoquée est appelée une cardiomyopathie. Les glandes à sécrétion interne, comme la glande thyroïde sont également très sensibles au Césium 137.

   Le système de défense immunitaire est hautement sensible aux radiations, il repose sur des cellules que l’on trouve dans le sang, par exemple les lymphocytes T qui sont altèrés, comme pour le Sida. La production des anticorps est également altèrée, ce désordre au niveau de ce système complexe conduit à des maladies allergiques, comme l’asthme.

   Les maladies auto immunes surviennent quand les cellules censées éliminer les intrus (microbes, corps étranger, cellules cancéreuses) prennent pour cible des cellules saines de certains organes. Quand les cellules de la glande thyroïde sont concernées par le système de défense déréglé, elles provoquent une inflammation de cette glande et une hypothyroïdie, qui peut se traduire par une Hashimoto.

   Des études sérieuses ont été effectuées par un homme de sciences très rigoureux, le professeur Youri Bandazhevsky, de l’Institut Médical d’Etat de Gomel en Biélorussie. Elles ont démontré les ravages que cause le Césium137 au corps humain. Le lobby nucléaire était géné par les découvertes de Bandazhevsky, ce dernier a été arrêté le 13 juillet 1999. Après neuf mois d’incarcération, sans procès, il a été remis en liberté, mais ses recherches ont cessé, l’Institut est désormais dirigé par un responsable qui a décidé d’abandonner cette direction de recherche. Toute la documentation sur les travaux de Bandazhevsky a disparue, ainsi que les disques durs de ses ordinateurs et le manuscrit, pratiquement achevé, qu’il écrivait.

  En mars 1997, la presse a fait échos d’une information selon laquelle un jeune appelé du contingent de Brest avait un taux en césium très important dans le corps. Cette soudaine révélation arrivait au moment où l’affaire des sangliers du canton de Senones battait son plein, et l’on apprenait que la découverte du taux de césium du jeune soldat datait de juillet 1995, gardée secrète par le gouvernement, le Ministère de la Santé, le Ministère des Armées, l’I.P.S.N., l’O.P.R.I. elle faisait surface deux ans après sans que l’on ait prit le soin de mettre en garde les voisins de ce jeune homme qui, comme les marcassins, vivait dans le canton de Senones. Le président de l’O.P.R.I, de l’époque, Monsieur Masse, reconnaîtra dans un courrier à la CRII-Rad que  « la totalité de l’activité corporelle mesurée était de 1.450 Bq, ce qui n’exclut pas une quantité initiale de 5.000 Bq ». Pour le professeur Bandazhevsky, une accumulation de plus de 50 Bq/kg de césium 137 entraîne des altérations pathologiques de certains tissus et organes vitaux.

  Le césium 137 est malheureusement très présent, encore aujourd’hui, quinze ans après la catastrophe dans certaines régions de France. Les personnes qui vivent dans ces régions, et se nourrissent de leur production (légumes, animaux, lait etc.), entretiennent la contamination de leur organisme en césium par voie orale. Pour Martin Schlumberger : « Personne n'est capable de prédire les effets du césium. Une fois ingéré, il se répand dans toutes les cellules de l'organisme. »[7]

   En France, dans notre propre pays, dans notre belle démocratie où l’on nie la moindre incidence du passage du nuage radioactif avec l’augmentation des pathologies thyroïdiennes ou des cancers de la thyroïde, se pourrait-il qu’une partie des hypothyroïdies qui se déclarent à présent soient dues au césium déposé par ce fameux nuage resté gentiment à nos frontières ?

  Le dernier rapport de l’IPSN et de l’InVS publié n’aborde pas le sujet.

 

 

[1] Directeur de l’OPRI qui a remplacé le professeur Pellerin directeur du SCPRI.

 [2] Rapport de l’ORS de Corse - page 15 – septembre 1986.

 [3] ) Période de vie : Iode 131: 8,04 jours ; Iode 132 : 2,38 heures ; Iode 133 : 20,8 heures ;   Iode 134 : 53 mn ; Iode 135 : 5,7 heures.

[4] ) "Tumeurs de la thyroïde", page 269-270 M. Schlumberger- F.Pacini ; EDITIONS NUCL?ON.

 [5] Président de l’Association  internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire, IPPNW.

 [6] Emissions : Dans le secret du nucléaire – France 2.

 [7] ) Interview, E.D.J. du 18 au 24 avril 1996.

 

 

Nuage de Tchernobyl: la justice saisie d'une plainte pour empoisonnement

Expiré



  AFP | 01.03.01 | 17h49

 

La justice française a été saisie jeudi d'une plainte contre X pour empoisonnement déposée par deux associations et 51 malades de la thyroïde qui imputent directement leurs pathologies au passage du nuage radioactif de Tchernobyl en avril 1986. Les plaignants, âgés de 15 à 61 ans, reprochent aux autorités françaises de ne pas avoir tenu la population correctement informée des risques, après l'explosion du réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire ukrainienne, le 26 avril 1986. Afin de "montrer leur détermination", de nombreux malades, venant de toute la France, avaient fait le déplacement à Paris pour accompagner leur avocat, Me Christian Curtil pour le dépôt officiel auprès du doyen des juges d'instruction de cette plainte avec constitution de partie civile. Certains sont venus en car du sud-ouest de la France, où est basée l'association française des malades de la thyroïde (AFMT), également plaignante. La CRII-RAD (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité) fait également partie des plaignants. Présent jeudi matin à Paris, Roland Desbordes, président de la CRII-RAD, est venu pour "dénoncer les mensonges de l'époque". Il reconnaît que ce ne sera pas "simple de prouver le lien de corrélation entre le nuage radioactif et ces maladies". "On a des éléments pour dire qu'il y a une augmentation du nombre de pathologies thyroïdiennes depuis Tchernobyl, mais il n'est pas simple de dire si, individuellement, tel ou tel doit sa maladie au nuage ou à autre chose", ajoute-t-il. Président de l'Association française des transfusés, l'une des principales parties civiles dans le dossier judiciaire du sang contaminé, Olivier Duplessis a également apporté son soutien à la démarche des malades de la thyroïde dénonçant "le mensonge criminel des autorités françaises". Maintenant qu'il a cette plainte avec constitution de partie civile entre les mains, le doyen des juges d'instruction du tribunal de grande instance de Paris doit procéder à un examen rapide, et tout à fait formel de la plainte, puis fixer le montant de la consignation financière. Une fois cette consignation payée par les plaignants, il devra désigner un juge chargé d'instruire cette plainte. Le parquet, qui habituellement détermine la qualification des faits retenus et donc délimite d'entrée le champs d'investigation du juge, a, dans cette procédure de plainte avec constitution de partie civile, un rôle plus consultatif. "Le juge devrait être désigné d'ici trois semaines", pronostique Me Christian Curtil qui estime qu'ensuite ce magistrat, par commissions rogatoires, fera saisir les documents dans les ministères concernés et entendra les victimes. Cette plainte avec constitution de partie civile, visant les conséquences du nuage radioactif qui avait suivi l'explosion n'est pas la première, mais pour la première fois, elle vise des faits criminels d'empoisonnement et d'administration de substance nuisible. A l'automne 2000, un habitant de Reims avait lui aussi déposé une plainte mais sur d'autres fondements juridiques et le parquet avait indiqué que les faits visés étaient prescrits. Il avait auparavant saisi la Cour de justice de la République (CJR) portant plainte contre trois ministres en place en avril 1986. La plainte avait été classée, la CJR estimant que le dossier déposé ne permettait pas d'établir le lien de causalité entre le passage du nuage et la maladie.

Métro 02/05/2006

Expiré

"Tous les Français ont été contaminés par Tchernobyl"

mardi 2 mai 2006, par Jean-Michel Jacquemin-Raffestin

Jean-Michel Jacquemin-Raffestin, l’auteur de cet article, enquête depuis dix ans sur les conséquences sanitaires de l’explosion de la centrale de Tchernobyl, et vient de publier "Cachez ce nuage que je ne saurais voir..." (éditions Guy Trédaniel, 390 pages)
Propos recueillis par Anne-Aël Durand (26/04/2006)

Il y a vingt ans, le nuage de Tchernobyl, venu d'Ukraine, se propageait sur l'Europe. Comment ont réagi les autorités française à l'époque ?


Elles n'ont pas réagi. Elles ont même donné des ordres pour faire de faux bulletins météorologiques, ce qu'attestent des journalistes comme Laurent Cabrol ou Jean-Pierre Pernaud. On a expliqué à l'époque que l'anticyclone des Açores avait repoussé le nuage. C'est comme ça qu'est né le mythe du "nuage qui s'arrête à la frontière". Dans les jours qui ont suivi l'accident de Tchernobyl, le ministre de l'Agriculture a écrit dans un communiqué : "Le territoire français, en raison de son éloignement, a été totalement épargné." C'est un faux en écriture pour lequel il n'a pas été condamné.


Qu'aurait dû faire le gouvernement ?


Il y avait des précautions très simples à prendre : interdire la consommation de fruits, de légumes frais et de lait, vider bacs à sable et piscines, rentrer les animaux pour éviter qu'ils broutent une herbe radioactive. Les autres pays européens l'ont fait. L'Italie, qui avait connu la catastrophe de Seveso, a même demandé aux gens d'éviter de procréer dans les six mois qui ont suivi.

Quelles ont été les régions les plus touchées ?


Le nuage a touché une moitié est de la France - la Corse, la région Paca, le Bas-Rhin, le Haut-Rhin... - mais en fait, tous les Français ont été contaminés par ingestion d'aliments, en mangeant par exemple des fruits et des légumes de Provence.

Quelles sont les conséquences sur la santé ?


On parle beaucoup des cancers de la thyroïde, provoqués par l'iode, mais ce n'est que la partie immergée de l'iceberg. De nombreux cancers du foie, du poumon, du côlon ainsi que certains diabètes insulino-dépendants sont dus à une contamination au césium, mais les gens ne font pas forcément le lien avec Tchnernobyl. On peut mesurer la charge en césium à l'aide d'examens anthropogamamétriques.


Peut-on chiffrer le nombre de victimes ?


C'est absolument impossible. Le césium a une demi-vie de trente ans. Les cancers vont s'étaler sur vingt, trente, quarante ans et on ne pourra pas les relier à Tchernobyl.

La mystification Tchernobyl

Expiré

La mystification Tchernobyl

Le Point - Publié le 22/03/2011 à 00:25 - Modifié le 19/04/2011 à 07:45

Comment la catastrophe a été minimisée en URSS... et en France.

 

François Malye

Il est 1 h 23 ce 26 avril 1986 quand le réacteur n° 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl (Ukraine) explose. Outre un défaut de conception des réacteurs RBMK, les opérateurs se sont lancés, cette nuit-là, dans un test en coupant les circuits de sécurité. Une erreur magistrale qui aboutit au plus grave accident de l'histoire du nucléaire civil. Mais les autorités soviétiques n'en informent personne et ce sont les experts suédois qui, deux jours plus tard, sonnent l'alerte en constatant une forte élévation de la radioactivité dans l'air. La plupart des pays décident, au fil des jours, de mesures de sauvegarde, interdisant, comme l'Italie ou l'Allemagne, la consommation de fruits et de légumes frais ou recommandant la prise préventive d'iode.

Mais, en France, l'information délivrée à la population n'a rien à envier à celle du Kremlin. Rien ne bouge, car un homme veille, se dressant contre l'évidence et niant tout danger. Pierre Pellerin, 63 ans, est un pur produit de la nucléocratie. Médecin, agrégé de biophysique, il a fondé le Service central de protection contre les rayonnements ionisants (SCPRI) en 1956, dépendant à l'origine de l'Inserm, et a fini par concentrer tous les pouvoirs de contrôle, de décision et d'information."C'était la Jeanne d'Arc de l'atome, il avait entendu des voix. Et puis tout le monde avait peur de lui", raconte Jean-Claude Zerbib, qui travaillait au centre d'études nucléaires de Saclay. De permanence lorsque le nuage passa sur la région, il voit avec ses collègues les niveaux de radioactivité s'élever sans qu'il soit question de diffuser l'information.

Croisé du nucléaire

Pierre Pellerin est un croisé du nucléaire, autoritaire, un militant de l'atome qui a une vision toute particulière de la sécurité. En 1974, dans les annales des Mines, il conseillait ainsi de "ne pas développer de façon excessive les mesures de sécurité dans les installations nucléaires afin qu'elles ne provoquent pas une anxiété injustifiée". Dans les jours qui suivent l'explosion, il multiplie les communiqués rassurants, suivi par les ministères concernés. Le 30 avril, le SCPRI annonce ainsi sur certaines stations du Sud-Est "une légère hausse de radioactivité non significative pour la santé publique" ; le 2 mai, que "les prises d'iode préventive ne sont pas justifiées". Tandis que les pays européens multiplient les mesures, excédé par les questions des journalistes, il propose d'"aller en costume jusqu'à 1 500 mètres de l'usine pour en mesurer la radioactivité". "Il faut lutter contre la psychose ridicule qui se répand dans la population." C'est cette attitude pontifiante et arrogante qui ne sera pas pardonnée à Pellerin quand, le 10 mai, le scandale éclate. Écologistes et journalistes le mettent au supplice et le forcent à avouer au journal télévisé que le nuage a survolé la France et que "la radioactivité atmosphérique en France après l'accident de Tchernobyl a été jusqu'à 400 fois supérieure à celle observée habituellement, tout en restant très en deçà des seuils dangereux".

Et de rétorquer, quand on lui demande pourquoi il a tant tardé à donner ces informations : "Je ne suis pas une agence de relations publiques." Ainsi, après quinze jours d'explications incompréhensibles, on s'aperçoit que les autorités ont menti, et de la façon la plus ridicule. Les experts mandatés par la juge Marie-Odile Bertella-Geffroy, chargée de l'instruction pour "tromperie aggravée", estimeront dans leur rapport du 25 novembre 2005 : "La restitution par le SCPRI des informations n'a été ni complète ni précise, et certaines valeurs ont été occultées. (...) La publication de valeurs moyennes était de nature à masquer les pics de contamination." Un travail inutile puisque, vingt-cinq ans après les faits, le parquet général vient de s'associer à la demande de non-lieu présentée par Pierre Pellerin.

Foi dans l'industrie nationale

De l'autre côté du rideau de fer, le mensonge est de qualité soviétique. Il faut alors disposer de satellites pour y repérer les catastrophes ou que celles-ci soient suffisamment graves pour affoler les capteurs occidentaux. À quoi il faut ajouter une foi inébranlable des dirigeants dans leur industrie nationale : "Nos centrales nucléaires ne présentent aucun risque. On pourrait les construire même sur la place Rouge. Elles sont plus sûres que nos samovars", déclarait l'académicien Anatoli Alexandrov avant l'explosion.

Après la catastrophe, aucune évacuation n'est immédiatement décidée et les populations sont soumises à d'énormes taux de radioactivité. Le 1er mai, on n'annule pas la Fête du travail à Kiev, à 140 kilomètres de là, pour ne pas paniquer les habitants. "Il y a moins de 100 blessés, déclare le vice-ministre de l'aviation civile, Mikhaïl Timofeiev, alors en visite à Washington. Les rumeurs à propos de l'accident sont un peu exagérées. Il ne s'agit pas d'une catastrophe, mais d'un accident, et cet accident n'aura en aucune manière d'effets nuisibles durables sur quoi que ce soit." Ce sont les "liquidateurs", ces 600 000 à 800 000 soldats envoyés "nettoyer" la centrale et ses environs, munis de protections dérisoires, qui vont payer le plus lourd tribut.

Trou noir de l'information

"Je ne crois pas qu'une telle catastrophe aurait pu se produire dans un autre pays que l'URSS, témoigne le photographe Igor Kostine dans son livre Tchernobyl, confessions d'un reporter (1). Dès le début des années 80, de petits incidents se sont succédé à Tchernobyl, sans que personne en parle vraiment. Les autorités minimisent tout, parlent de réparations, de nettoyage de routine, n'informent personne, et certainement pas la population. En 1982, pendant une opération de rechargement du combustible, le coeur du premier bloc est même endommagé, laissant échapper d'importantes doses d'éléments radioactifs." Plus pessimiste encore, la journaliste et essayiste Galia Ackerman, commissaire de l'exposition "Il était une fois Tchernobyl", présentée à Barcelone en 2006, et qui témoigne dans le même ouvrage : "Par-dessus tout, Tchernobyl reste un trou noir de l'information, les données sur l'étendue et les suites de la catastrophe ayant d'emblée été falsifiées par le gouvernement soviétique. Aucune association antinucléaire, ni l'OMS, ni le lobby nucléaire ne pourront établir la vérité complète."

TCHERNOBYL IL FAUT SAUVER LE SOLDAT PELLERIN

Expiré

TCHERNOBYL

 

 IL FAUT SAUVER LE SOLDAT PELLERIN 

 

Le lobby nucléaire s’est mobilisé dès le mois de mars 2006 ! Un mois avant le fatidique anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, et sentant venir l’hallali du directeur du SCPRI, il devenait urgent de vanter ses mérites et son courage !

Un « Appel à solidarité » fut donc lancé à la presse nationale par Monsieur André PELLEN, « ingénieur de l’Exploitation du Parc Nucléaire d’EDF en retraite », comme il se présente, afin de palier à « la puissante logistique de communication antinucléaire est déjà disposée en ordre de bataille sur un théâtre d’opérations ô combien privilégié : la France. »

Pour ce faire, il expliquait : « la démarche va émaner d’un collectif créé pour la circonstance, baptisé « vérité Tchernobyl », dont je me propose d’être à la fois le porte-parole et le maître d’ouvrage : première semaine d’avril 2006, au plus tard, je me chargerai d’adresser nominativement ledit appel aux directeurs de toutes les rédactions listées à la fin du document. »

Pour ce faire il fallait des signataires connus, reconnus. Il les a trouvé !

En novembre 2005, certains scientifiques ont cru opportun de rédiger une lettre dans le journal Libération dans laquelle les signataires prenaient les Français, malades d’un cancer de la thyroïde, pour « des otages d’un lobby anti-nucléaire et juridico-médical », Monsieur André PELLEN n’avait plus qu’à utiliser le nom de ces brillants scientifiques :

Professeurs et docteurs :

Ansquer.C ; Artus. JC ; Aubert.B ; Bardet.S : Bedig.G : Berriolo -Riedinger.A : Bok.B ; Bourguet.P ; Brenot -Rossi.I ; Bussy.E ; Caraille.B ; Cavarec.M ; Chauvot.P ; Colas-Linhart.N : Courret.I ; Darcourt.J ; Dauge.MC ; Devaux.JY ; El -Etr.M ; Esquerre.JP ; Fajon.O ; Giammarile.F ; Goulard.DM ; Grall.Y ; Gremillet.E ; Guillemard.S ; Hindié.E ; Le.Cloirec.J ; Legendre.S ; Liviu.D ; Lussato.D ; Marchandise.X ; Maszelin.P ; Maublant.J ; Morel.O ; Moretti.JL ; Mundler.0 ; Pasquier.J ; Pelletier.JL ; Puech.B ; Rapin.JR ; Schvartz.C ; Segard.T ; Somma.C –Talbot.JN ; Toubert.ML ; Tubiana.M ; Vitaux.F ; Wagner.A ; Walker.F

Ainsi que des personnalités des domaines scientifique, socio-économique et socioculturel :

Henri Lehn. Fondation Louis de Broglie ; Dominique Vignon. ; Jacques Bourdillon. Ingénieur Général Honoraire des Ponts et Chaussées ; José Romélé. Vice-Président de WONUC France ; Alain De Tonnac. ; François Poizat.

Toutefois, les voir à présent oser comparer  « Tchernobyl en Tchern-Outreau » ne manque pas d’humour. Devrons-nous seulement leur rappeler que, finalement, nous avons vu la Vérité éclater, alors, permettez-nous de nous porter en « Tchern-Outrés » !

L’« Appel à solidarité »  rédigé par Monsieur PELLEN pour son « vérité Tchernobyl », ne manque ni d’humour, « toute instrumentalisation préméditée aurait, en effet, bien du mal à aggraver un discrédit médiatique de la communauté nucléaire – du professeur Pellerin, en particulier – déjà aussi profond et ancien qu’injuste, ni de culot, la signature de nos « Nobel », des représentants du corps médical, du haut encadrement présent et passé d’EDF et de personnalités de référence, comme Henri Métivier de la SFRP, donnerait un relief particulier au caractère solennel de l’appel. »

« On se demande laquelle des deux opprobres - avoir favorisé le brouillage concerté d’un débat national essentiel, au moins sur le plan sanitaire, ou s’être rendue complice du lynchage médiatique et politique du professeur Pellerin, serviteur intègre de l’Etat - entachera-t-elle le plus durablement l’honneur de la corporation ? »

Tout d’abord, il faut rappeler les procès gagné par le Professeur PELLERIN. Indispensable pour son honneur !

- Condamnation formelle, en 1999, de Michelle Rivasi par Tribunal de Grande Instance de Paris, pour lequel la diffamation du professeur Pellerin était avérée, mais ne pouvait donner lieu à sanction par ce tribunal saisi à tort et, par là même, incompétent.

- Condamnation, le 22 septembre 2004, par la cour de cassation, en confirmation des condamnations en appel et en première instance, du sieur Jacquemin, « ex-trésorier de l’A.R.C », pour diffamation du professeur Pellerin.

- Sanction en termes, motifs et procédures exactement identiques de Noël Mamère en 2002.

Tout d’abord, ce courrier me diffame « Jacquemin ex-trésorier de l’ARC », ce qui n’a rien de surprenant de la part du lobby nucléaire, au moment où paraît mon 4ème livre sur le sujet :

Tchernobyl : Cachez ce nuage que je ne saurais voir…

(Éditions Guy Trédaniel)

Préfacé par le professeur Dominique Belpomme

Et un autre livre auquel j’ai participé en tant que co-auteur avec :

Galia Ackerman, Guillaume Grandazzi et Frédérick Lemarchand ont rassemblé les témoignages et analyse de : JC. Autret, B. Boussagol, P. Chevtchouk, M. David-Jougneau, M. Fernex, M. Gorbatchev, D. Grodzinski, G. Hériard-Dubreuil, H.-P. Jeudy, G. Lochak, L.Noualhat, V. Nesterenko, H. Ollagnon, V. Symaniec et A. Yarochinskaya.

Les silences de Tchernobyl : l’avenir contaminé

(Éditions autrement)

 

Diffamez, diffamez, il en restera toujours quelques chose…

Ce courrier ne manque d’ailleurs pas d’humour puisque parmi les signataires on retrouve l’ancien Président d’honneur de l’ARC, Monsieur Maurice TUBIANA, qui à ce titre était membre du Conseil d’Administration de l’association qui a « fermé les yeux », pour reprendre sa propre expression lors d’une émission de télévision, sur la gestion du président Crozemarie jusqu’à ce que l’affaire éclate au grand jour. Je ne peux imaginer qu’il ait été averti que l’on utilisait son nom pour ce courrier car il est évident qu’il peut témoigner que je n’ai jamais été trésorier, ni même salarié de cette association.

 Après avoir contacté par téléphone Madame Claire SCHVARTZ (lundi 3 avril – 8 H 25), soi-disant signataire de l’appel solennel à la presse française, j’ai appris qu’elle n’était pas informée de ce courrier et que son nom a été utilisé sans son autorisation par Monsieur André PELLEN.

 Par l’intermédiaire de mon avocat, Maître Pierre LUMBROSO, j’ai décidé de poursuivre immédiatement devant la Justice Monsieur André PELLEN. Ce dernier a reçu un procès verbal d’huissier le 1er juin 2006 de la SCP BERTON de Bandol.

Résultat de l’opération Il faut sauver le soldat PELLERIN :

Le sieur, pour reprendre son expression, PELLEN est poursuivit en justice et le sieur PELLERIN est à présent mis en examen ce qui nous permet d’apprendre les « manipulations de M. PELLERIN » concernant les rapports de l’Académie des Sciences sur le sujet Tchernobyl ! Les écoutes téléphoniques indiquent que Pierre PELLERIN déclare à la collaboratrice de son avocat, Maître Georges HOLLEAUX, avoir « rédigé à 98 % et que ses collègues Coursaget, Galle et Paulin prennent sur leur entière responsabilité… Ils ont fait un travail de relecture. Toute la partie technique, c’est moi qui l’ai faite et je ne signe pas pour la bonne raison que si j’avais signé, - l’article - n’aurait pas été accepté. »[1]

Le plus drôle, c’est que j’ai perdu le procès parce que le tribunal a retenu le document de l’Académie des Sciences comme pièce principale….

 Alors nous allons nous retrouver devant la justice ! Car utiliser l’Académie des Sciences pour gagner un procès avec un document signé par des scientifiques de renom alors qu’on l’a écrit à 98 %, ce n’est pas très glorieux…

 Bravo Monsieur PELLEN ! N’avez-vous pas écrit : « L’Histoire jugera et ne manquera pas de sanctionner le journalisme français contemporain avec d’autant plus de sévérité qu’il n’aura pas su se ressaisir et reconsidérer une unanimité d’appréciation de l’évènement par trop suspecte, pendant qu’il le pouvait. Non seulement il le peut encore, mais il le devrait plus que jamais, dans l’intérêt de notre démocratie. » ?

L’histoire va juger, Monsieur !

*******

*****

***

*

Je vais à présent répondre aux allégations écrites par le sieur PELLEN dans son courrier :

 « À quand l’expertise publique d’un mythe, qui pourrait bien révéler une vaste manipulation médiatique ? » Demande-t-il ?

Mais à quand « une expertise publique honnête qui révèle les manipulations de certains lobbies ? » Pourrions-nous demander.

 Monsieur André PELLEN, « ingénieur de l’exploitation du parc Nucléaire d’EDF en retraite », comme il le précise, nous apprend ainsi qu’ « À quelques rares exceptions près, la presse française – acquise par vocation historique à cette dialectique idéaliste et réfractaire aux choses de la science – a depuis longtemps choisi son camp en ouvrant massivement ses colonnes et ses plateaux « télé » aux contempteurs de la radioactivité artificielle. »

 Pourtant, force est de rappeler que la presse française a, jusqu’au 10 mai 1986, « avalé » toutes les informations en provenance du SCPRI dirigé par le professeur PELLERIN !

 Devons nous rappeler le fameux : « Ça ne menace personne ! Sauf, peut être, dans le voisinage immédiat de l’usine, et encore, c’est surtout dans l’usine que je pense que les Russes ont admis qu’il y avait des personnes lésées ! » claironné au journal d’Antenne 2 le 29 avril ? Cette déclaration rayonnante prend toute sa valeur 20 ans après, lorsque les Etats de l’ex-Union soviétique reconnaissent des centaines de milliers de morts dues à cette catastrophe.

 Sans oublier : « Il faudrait imaginer des élévations 10.000 à 100.000 fois plus importantes pour  que commencent à se poser des problèmes de santé publique. »

 Nous verrons que dans notre pays, les organismes d’État tels que l’IPSN devenu IRSN infirment, à présent, les déclarations du professeur PELLERIN, qui continue à nier comme le confirme le « serviteur intègre de l’Etat » par sa déclaration faite à l’AFP le 11 octobre 2000, à la suite du procès en diffamation gagné contre Noël Mamère : « Si c’était à refaire, je redirais ce que j’ai dis à l’époque à l’AFP : Le nuage est arrivé sur la France, mais il n’est pas dangereux. »

 Oser écrire à propos de la presse française : « La défaillance manifeste de son souci d’investigation, de son esprit critique, de sa déontologie, voire de son éthique professionnelle, amène régulièrement sophismes, idéologie et sensationnalisme à rivaliser de mauvaise foi devant micros et caméras comme dans les pages de la presse écrite, contribuant à accréditer les clichés les plus extravagants » ne manque pas d’humour !

C’est certainement pour cela que Monsieur PELLEN a choisit comme type de police pour son texte « comic » !

Monsieur André PELLEN, n’a sans doute pas prit connaissance des conclusions des rapports des experts Paul GENTY et Gilbert MOUTHON parues dans la presse en mars et décembre 2005 et ordonné par la juge d'instruction Marie-Odile BERTELLA-GEFFROY, en charge de cette information judiciaire depuis juillet 2001, concernant « le serviteur intègre de l’Etat » :

Premières conclusions le 25 mars 2005, une réponse est donnée à la fameuse question : « L'État français a-t-il, en avril 1986, délibérément caché les informations relatives à la radioactivité émise par l'accident de Tchernobyl et qui s'est déposée sur le territoire français ? » Le constat sur le comportement des autorités est sévère et plus particulièrement pour le SCPRI dirigé par le professeur Pellerin.

On apprend ainsi que : « Le SCPRI avait pleinement connaissance du dépassement quelquefois très important des valeurs de la radioactivité. » Les auteurs du rapport relèvent également que « les cartes qui ont été fournies par le SCPRI sont inexactes dans plusieurs domaines. »

Ils observent que « Le SCPRI n'a visiblement pas restitué toutes les informations qui étaient en sa possession aux autorités décisionnaires ou au public (...). Les risques de contamination ont toujours été niés ainsi que l'irradiation de la population avec, pour conséquence, l'absence de toute prophylaxie et en particulier l'absence d'administration d'iode. »

Rapport définitif le 23 novembre 2005 : Messieurs Paul GENTY et Gilbert MOUTHON rendent leurs conclusions générales. La presse s’en empare :

« Il apparaît clairement que le SCPRI a eu connaissance très rapidement de toutes les données précises de son réseau et de celles qu’il avait demandé d’urgence à différents organismes concernant la contamination radioactive de la France (métropole et Corse) et ceci pour la plupart des isotopes radioactifs, et en particulier l’iode131, l’iode132, le tellure132, le césium134 et le césium137. Ces informations étaient interprétables et géographiquement localisées. »

« La restitution par le SCPRI de ces informations aussi bien aux autorités décisionnaires qu’au public n’a été ni complète, ni précise et certaines valeurs ont été occultées. »

« La publication de valeurs moyennes par département, par région, voire par partie du territoire était de nature à masquer la réalité d’une contamination localisée à certaines zones. »

« Dans l’état actuel de nos investigations, il apparaît clairement que le SCPRI a eu connaissance très rapidement de toutes les données précises de son réseau et de celles qu’il avait demandé d’urgence à différents organismes concernant la contamination radioactive de la France (métropole et Corse) et ceci pour la plupart des isotopes radioactifs et en particulier les iodes131, iode132, le tellure132, le césium134 et le césium137. »

« Ces informations étaient interprétables et géographiquement localisées. 

« Il est également connu par le SCPRI que, pour les iodes, les résultats étaient obtenus sur certains filtres qui n’en retenaient qu’une petite partie, minorant ainsi fortement les valeurs réelles des contaminations par les iodes 131 et 132. »

« La restitution par le SCPRI de ces informations aussi bien aux autorités décisionnaires qu’au public n’a été ni complète, ni précise et certaines valeurs ont été occultées. »

Et dire que le professeur PELLERIN déclarait à François RAOUX, journaliste au Quotidien de Paris, le 24 avril 1987 : « Il y a un parti pris de désinformation de la part des adversaires du nucléaire et une véritable cabale contre le SCPRI affirmant que celui-ci cachait des informations, c’est répugnant. Le nucléaire pourrait servir de modèle pour les autres nuisances. »

« La publication de valeurs moyennes par département, par région, voire par partie du territoire était de nature à masquer la réalité d’une contamination localisée à certaines zones ultérieurement dénommées « tâches de léopard », et liées aux conditions météorologiques – en particulier la pluviosité- et au relief. »

« Mon service est le seul qui dise des choses raisonnables. Il est la cible de malhonnêtes qui font de la subversion. Il a été reconnu par l’OMS comme le plus compétent pour coordonner les mesures de radioactivité sur le plan mondial. » Déclarait le professeur PELLERIN à Philippe BORDES de Lyon-Nucléaire le 25 avril 1988.

 « En cet état, la présence en quantité d’isotopes radioactifs dangereux, surtout dans la première quinzaine de jour après le passage des nuages, en particulier pour les fœtus et les enfants en bas âge, a été masquée aux autorités décisionnaires du pays. »

Voilà pour le « serviteur intègre de l’État »

« La contamination radioactive du territoire français et de ses écosystèmes »

Non seulement, il est aisé de prendre connaissance sur le site de l’IRSN des taux de contamination du territoire français, certains endroits sont contaminés à plus de 40 000 Bq/m2, dans le Jura, dans le Haut-Rhin ou en Corse, sans parler de certaines zones du Mercantour contaminées à plus de 314 000 Bq/kg soit plus de 800 000 Bq/m2 comme le signale le rapport de l’IPSN de 1997, mais le CEA de Saclay a trouvé du plutonium et du strontium de Tchernobyl dans ses filtres à air début mai 1986, comme je le signale dans mon livre Cachez ce nuage que je ne saurais voir.... qui vient de paraître.

 Dans un document du SERNAT (Service d’études et de recherches radioécologiques dans les milieux naturels de l’IPSN) – Bulletin de liaison de janvier 2000 – on apprend par les auteurs que les dépôts d’iode 131 allaient jusqu’à 610 000 Bq/m2 dans certaines régions du Sud de la France.

 Dans un courrier en date du 8 décembre 1986, Monsieur François COGNE, directeur de l’IPSN (Institut de Protection et de Sûreté Nucléaire reconnaissait concernant une jeune enfant de Balagne : « Avec une consommation de 1 litre de lait  par jour ou de son équivalent en fromage frais de 200 grammes, on aurait délivré à la thyroïde d’un enfant de d’une dizaine d’année une dose de 9 rem » Soit 6 fois la limite annuelle de 1,5 rem !

 Le directeur de l’IPSN de l’époque doit-il être démenti par « ingénieur de l’exploitation du parc Nucléaire d’EDF en retraite » ?

Dans un courrier en date du 22 octobre 1987, Monsieur Roland Masse, Président de l’OPRI (Office de protection contre les Rayons ionisants) répond à la demande de la CRII-Rad concernant les échantillons de terre prélevés « en divers secteurs des Alpes », il précise :

« Je vous prie de bien vouloir considérer ma réponse plutôt comme un avis que comme une prescription (...) En ce qui concerne les échantillons  en votre possession, exception faite de ceux que vous classez dans le troisième groupe, tous les autres échantillons doivent donc être considérés comme très faiblement ou faiblement radioactifs et ne peuvent être éliminés sans respecter certaines procédures.(...) Pour les déchets dits de catégorie A, faiblement radioactifs (>100 Bq/g de césium 137), le centre de stockage de surface de l'ANDRA de Soulaines peut les accueillir. »

  « Pour les TFA (Très Faible Activité) de courte ou moyenne période radioactive, aucune solution spécifique n'est actuellement à la disposition des producteurs ou détenteurs. (...) Deux solutions s'offrent à vous : soit constituer un site d'entreposage provisoire déclaré, soit vous adresser à l'ANDRA en vue éventuellement d'assimiler ces déchets TFA à des déchets de catégorie A »

  Traiter la terre des Alpes en déchets nucléaires se passe de commentaire !     

Nouveau mensonge par omission :

« Doit-on avoir l’honnêteté de rappeler la radioactivité naturelle du corps humain… comprise entre 8000 et 10000 Bq. » Et ????

 Pas d’autres explications ni commentaires du retraité, c’est dommage ! Son « honnêteté » a donc des limites que je vais combler. L’activité du corps humain est due au potassium (K 40) pas au césium ni à l’iode radioactif du nuage de Tchernobyl !

 Il ne faut jamais comparer numériquement ces deux sortes de becquerel, 10 % des becquerels de potassium 40 (K 40, radioactivité naturelle principale en Corse) émettent 1 gamma, alors que 86 % des becquerels de césium 137 sont émetteurs de gamma. Il est ridicule d’assimiler la pollution au césium 137, élément radioactif artificiel, à l’irradiation naturelle due au potassium 40 dont on relève généralement un taux de 6 000 becquerels dans le corps humain. En outre, quoi que naturel, ce dernier est tenu pour responsable de 3 à 4 % des cancers spontanés aux Etats-Unis.

 Comme on le constate facilement, les Français et les journalistes sont volontairement trompés sur la réalité des faits et des conséquences à l’époque.

 Les Français ont été contaminés en césium tel que ce jeune appelé du contingent qui faisait son service national dans la marine à Brest, dans un sous-marin nucléaire. Surprise du médecin militaire du Service de Protection Radiologique des Armées qui découvre sur le corps humain de ce jeune homme un taux tout à fait inhabituel de 1 450 becquerels de césium 137. Ce jeune appelé est originaire du canton de Sénones(1), où l’on a retrouvé les marcassins radioactifs en 1997, sa famille qui raffole des champignons en consomme de grandes quantités. Le père grand amateur de champignons est lui aussi contaminé ; seule la soeur du jeune homme ne présente pas de contamination en césium, mais elle ne mange jamais de champignon.

 La dose très importante du jeune homme implique que l'armée prévienne l'OPRI qui réalisa immédiatement une enquête. Pour Monsieur Masse; Président de l'OPRI, : « Je peux néanmoins vous préciser que la totalité de l'activité corporelle mesurée (cristal INa) était de 1 450 Bq, ce qui n'exclut pas que la quantité totale initiale ingérée soit de l'ordre de 5 000 Bq. »

Mais ce taux : « ne posait aucun problème sanitaire, mais qu'il avait en revanche un grand intérêt pour la recherche. » Les taux relevés chez le père du jeune garçon, de 2 000 à    3 000 becquerels selon la préfecture, de 5 000 à 6 000 becquerels selon l’OPRI, doivent être comparés avec ceux relevés chez les individus après le passage du nuage de Tchernobyl. À Paris, un individu adulte de 70 kilos atteignait 210 becquerels de césium137.

 À Grenoble, là où les résultats étaient les plus importants, ce même individu présentait une contamination de 1 100 becquerels. Aujourd’hui, le taux « normal » auquel on peut s’attendre chez l’homme en France est de 50 à 100 becquerels.

 Martin Schlumberger spécialiste en médecine nucléaire à l'hôpital Gustave Roussy de Villejuif déclare : « Personne n'est capable de prédire les effets du césium. Une fois ingéré, il se répand dans toutes les cellules de l'organisme. »(1)

 Pourtant, les autorités avaient une parfaite connaissance de la contamination de la population par les analyses faites sur le personnel des CEA :

Elles se distinguent en trois périodes :

  - La première période, les dix premiers jours du mois de mai. Une étude quantitative systématique par des mesures secondaires a eu lieu à Cadarache sur une trentaine d'agents volontaires. Le 2 mai, la charge thyroïdienne moyenne des agents du centre était évaluée à 6 nCi d'iode 131. Le rapport indique : « Les premières constatations reflètent une incorporation par inhalation des radionucléïdes volatiles, de période effective courte. » (Page 2)

  - La seconde période, allant jusqu'à la fin du mois de mai : « a permis de mettre en évidence, chez la plupart des agents mesurés, des spectres dit "sales" en raison de la présence de traces non quantifiables de diverses retombées encore présentes à cette époque et bien identifiées par ailleurs. (...) les spectres témoignent d'un début d'incorporation par ingestion. »

 -  La troisième période allant de juin à mi-novembre : « a permis de recueillir des observations beaucoup plus significatives. En effet nous avons constaté sur les spectres l'apparition progressive d'une charge corporelle en césium 134 et en césium 137. D'abord détectable sur une fraction du personnel mesuré, elle est à l'heure actuelle généralisée, d'autre part le niveau de cette charge a régulièrement été augmenté au cours du temps et semble avoir atteint actuellement un plateau. » (Page 3)

 D’autre part, comme me l’a précise le Professeur Aurengo, dans une interview pour mon livre Tchernobyl aujourd’hui les Français malades : « À la fin de l’année 1986, tous les patients a qui je faisais passer un examen anthropogammamétrique montraient une charge en césium. »

*****

Nouveau mensonge par omission :

 « L’impact radioactif du nuage de Tchernobyl, en termes de doses, sur la population française est consensuellement de l’ordre de 0,1 mSv, en moyenne, et la controverse la plus âpre ne revendique jamais plus de 0,2 mSv pour quelques zones régionales très localisées. Ce qui, au passage, place notre pays loin derrière la Grèce, à 0,6 mSv, l’Allemagne et l’Italie à 0,4 mSv. »

 C’est oublier volontairement, là encore la suite !

 Le rapport final de la Commission d’orientation concernant le Plan National Santé Environnement du 12 février 2004 reprend page 44 les indications fournies par l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) : « L’exposition liée aux retombées de l’accident de Tchernobyl correspond aujourd’hui à une dose annuelle de 0,015 mSv pour les populations vivant dans les départements de l’Est de la France les plus touchés. Pour des cas extrêmes correspondant à des modes de vie très particuliers, la dose annuelle pourrait encore atteindre 1mSv. » On estime ainsi que l’exposition moyenne de la population française est de l’ordre de 4 mSv. Il est donc important de souligner que pour des personnes « correspondant à des modes de vie très particuliers, la dose annuelle pourrait encore atteindre 1mSv » l’exposition liée aux retombées de Tchernobyl, 1 mSv, représenterait un surplus de 25 % de dose !

 *****

 Cancers de la thyroïde et faibles doses

 « Or, le nombre des cancers thyroïdiens des enfants, dont la thyroïde est pourtant beaucoup plus radiosensible que chez l’adulte, est resté stable dans notre pays. Les enquêtes médicales de Champagne-Ardennes et de Franche-Comté, publiées en 2001, en attestent. »

 A – Cancer de la thyroïde

Les allégations du retraité de l’exploitation du parc nucléaire d’EDF sont pour le moins surprenantes :

1° Il n’y a pas de registre général des cancers de la thyroïde en France !

2° Le seul qui existe et qui soit réellement exhaustif est celui de Champagne-Ardenne crée par le docteur Marie-Joëlle Delisle à l’Institut Jean Godinot de Reims. Crée en 1966, il avait donc une antériorité de 20 ans en 1986. Madame Delisle, secondée par Claire SCHVARTZ qui a prit sa succession lors de sa retraite, a publié ses résultats de la décennie 1986-1996 dans le Masson 1996. Annales d’Endocrinologie (Paris) 1996 57, 41-49, et non en 2001, preuve d’une certaine ignorance ; ils sont éloquents :

 

PÉRIODES

 

1975-1985

 

1986-1996

âge

5 à 9 ans

10 à 14

15 à 19

5 à 9 ans

10 à 14

15 à 19

nombre

1

1

4

2

3

12

incidence

-

0,13

0,49

0,16

0,47

1,71

CMT exclus

0

1

4

0

3

10

incidence

-

0,13

0,49

-

0,47

1,3

 

Comme elle me l’a confirmé pour une interview dans mon livre Ce fameux nuage… Tchernobyl la France contaminée, préfacé par Théodore Monod : « Les cancer de la thyroïde ont triplé chez les enfants, doublé chez les hommes et augmenté de 30 % chez les femmes. »

 Chez les adultes :

 

 

1975-1983

1984-1992

Incidence/100.000/an

M

1,04

2,05

 

F

4,99

6,39

Mortalité/100.000/an

M

0,24

0,21

 

F

0,35

0,33

Les tableaux publiés par InVS ne sont pas moins éloquents :

 

En ce qui concerne l’étude réalisée en Franche-Comté, elle est loin d’être exhaustive comme le reconnaît le docteur Martial OLIVIER-KOEHNET certains malades ont pu se faire soigner à Paris ou ailleurs et nous n’avions pas les moyens de les connaître. Mais, il se hâte de rajouter : « Pour autant, ces conclusions sont portées dans un contexte très précis (une région : la Franche-Comté, une classe d’âge : 0-14 ans, une période d’étude : 1980-1998) et ne sauraient être généralisées hâtivement. »

Pour le professeur Jean-François VIEL, responsable scientifique de l’étude et directeur du Département d’information médicale à l’Hôpital Saint-Jacques de Besançon : « l’augmentation de 3 à 5 cas dans cette région ne permet de tirer aucune conclusion, par contre, si l’on passait de 300 cas à 500 cas à l’échelon national, là, ce serait différent. »

 Nous ne pouvons que constater le résultat :

  • 3 cancers pour la période 1980-1989 pour 2 399 208 habitants,
  • 5 cancers pour la période1990-1998 pour 1 942 847 habitants.

*****

 

Nouveau mensonge en profitant de l’ignorance des interlocuteurs :

« On trouve une croissance identique du nombre des cancers thyroïdiens dans beaucoup d’autres pays, en particulier aux Etats-Unis qui n’ont pas été affectés par l’accident. »

 C’est montrer une parfaite ignorance ou une volonté délibérée de désinformation de la part de Monsieur André PELLEN que d’affirmer pareille contre vérité.

 Le 6 mai 1986, le nuage arrive au Québec, où il sera observé dans l’air jusqu’au 21 juin.[2] Les analyses indiquent la présence de césium137 et césium134 de ruthénium103 et 106, d’iode131, de niobium95, de zirconium95. L’eau de la rivière Chaudière est analysée, elle indique une concentration de 74 Bq/m3 en iode131. L’iode est également détecté dans le Saint-Laurent, le Saint-Maurice analysés le 8 mai 1986 et dans la rivière Richelieu analysée le 21 mai. Le National Water Research Institute Canada Center for Inland Waters confirme la présence de césium 137 et 134, ainsi que de zirconium95 dans l’eau de pluie et les échantillons de neige collectés dans divers endroits du Canada.

 Tout comme il sera retrouvé après un voyage de 18 000 kilomètres en Pennsylvanie (USA), où l’eau de la rivière Delaware est analysée par le Département de l’Environnement de l’Université de Pittsburgh ainsi que le sol, l’herbe et le lait. On y relève, 14 jours après l’explosion, de bas niveaux de produits de fission nucléaire, tels que l’iode131, le césium137.[3]

 Conséquences sanitaires aux États-Unis :

Déclaration de Ernest J. STERNGLASS, Professeur émérite de physique nucléaire à l'université de Pittsburgh, spécialiste des faibles doses, dans une interview du 15 juin 1986 accordée à Manfred KRIENER et Bernhard MOGGE, le professeur explique qu'il existe aux États-Unis des rapports mensuels sur le taux des naissances et de mortalités infantiles émanant du gouvernement et que fort de ces documents, on peut voir ce qui ce passe :

 « L'accident de Tchernobyl s'est produit le 26 avril 1986. Dans la période de mai à novembre, 1.400 enfants de plus sont décédés aux USA. La mortalité dans son ensemble a connu un plus de 30.000 décès. Normalement le taux de mortalité recule chaque année de 4 %. Et maintenant, justement, ce taux de mortalité n'a pas diminué après Tchernobyl. C'est comme au temps des essais atomiques effectués à la surface de la terre, quand la courbe de mortalité n'a pas décru. (...) Quand on regarde les chiffres, les choses apparaissent clairement, on voit même dans quels États des USA les enfants sont morts. Ce sont les États où les retombées de Tchernobyl ont été les plus conséquentes : sur la côte Ouest, en Alaska à Hawaï et dans les montagnes de la Nouvelle-Angleterre. »

*****

  « On sait aujourd’hui qu’au-dessus d’une certaine dose, on obtient des effets connus et identiques d’un sujet à un autre : c’est le domaine « déterministe » qui commence, en gros, au-delà de 200 mSv d’irradiation du corps entier. Au-dessous, se situerait le domaine « stochastique » où les effets ne sont détectables que statistiquement et à long terme, sur des groupes suffisamment importants étudiés par les méthodes de l’épidémiologie : c’est la zone dite des « faibles doses », objet d’un vaste débat. »

 Comme me le précise le docteur Paul Combette, président de l’ORS de Corse dans mon livre Tchernobyl Aujourd’hui les Français malades ! : « Les conséquences d’une irradiation à faible dose sont préoccupantes. Plus l’exposition aux radiations a été longue et plus le risque est important de voir apparaître des cancers au bout de quelques dizaines d’années, en particulier des cancers des poumons et des leucémies. »

 Le docteur Abraham Béhar[4], Prix Nobel de la Paix en 1985 précise : « Le problème des faibles doses comporte deux volets : le rôle de la porte d’entrée et le rôle de l’organe qui va concentrer les substances. La question qui intéresse aujourd’hui les radiologistes est la porte d’entrée. En effet, l’aérosol qui va tout de suite attaquer les poumons a comme conséquence d’entraîner, plus particulièrement chez l’adulte, un nombre vérifié excessif de cancers du poumon. Le terrain est aussi très important : il existe des populations à risque, par exemple les fumeurs. Un fumeur ne va pas seulement risquer un cancer induit, il va risquer ce que l’on appelle un cancer favorisé. »[5]

 Pour le professeur Jay GOULD[6] : « Les faibles doses sont redoutables à cause de leur effets à long terme. PETKAU, un physicien canadien, a démontré il y a plusieurs années que les effets des faibles doses sont de type logarithmique, à savoir concave vers le bas, ce qui signifie que c’est avec les faibles doses que les risques sont les plus grands. » [7]

 Maurice TUBIANA, cancérologue, président de l’Institut Gustave Roussy de Villejuif, de 1982 à 1988, écrivait le 15 janvier 1980 : « Si la proportion de sujets irradiés est faible, les gènes mutés sont dilués et l’effet global est faible ; mais si beaucoup de sujets sont irradiés, même à faibles doses, ceci entraîne un accroissement de la fréquence des tares ». Prenons en note !

 Aux États-Unis, la publication de l'Étude de MANCUSO, STWART et KNEALE en 1977 a fait l'effet d'une véritable bombe pour les officiels du nucléaire. Cette étude a démontré pour la première fois qu'il n'existe pas de seuil en dessous duquel le rayonnement n'aurait pas d'effet cancérigène. Il est apparu que le risque cancérigène des faibles doses est dix fois supérieur aux estimations fondées sur l'étude effectuée sur les survivants des villes japonaises bombardées durant la dernière guerre.

 L’Américain John W. GOFMAN, un des pères du nucléaire aux USA conteste publiquement les thèses officielles sur la radioactivité. Il a d’ailleurs déclaré : « D’après toute norme raisonnable basée sur des épreuves scientifiques, il n’existe aucune dose sûre. »[8] C’est d’ailleurs lui, qui d'après les chiffres officiels des débits de dose fournis par les autorités de chaque pays aux organisations internationales, soit une dose moyenne de 48 mRad pour le césium137, qui estimera à 9 500 morts par cancers sur l'ensemble de la population française le résultat de la catastrophe de Tchernobyl, surtout dans les zones les plus touchées, Corse, région PACA, Drôme, Ardèche, Bas-Rhin, Haut-Rhin, etc. Or nous savons, à présent officiellement, que ces chiffres ont été largement sous-estimés, puisque la France, par l'intermédiaire de Monsieur Pellerin avait donné « LOW » comme indication. Ses chiffres d’estimation de cancer, suite à Tchernobyl, s’élèvent à 475 000 cancers dans le monde.

 Monsieur CHARPAK précise dans son livre De Tchernobyl en Tchernobyls page 111 : « Cette assimilation de l’effet des faibles doses à une roulette russe est vigoureusement rejetée par ceux qui estiment qu’il existerait un seuil de radiation au-dessous duquel les cellules humaines auraient une défense presque absolue. Cependant, tout organisme officiel responsable de santé publique fera l’hypothèse que toute irradiation à faible débit de dose entraîne un certain risque de cancer par sieverts de dose collective et la Commission international pour le protection contre les rayonnements considère que ce risque est équivalent à la moitié du risque par sievert à forte dose. »

 Monsieur Denis BARD, épidémiologiste à l'IPSN, à l’époque, et de ce fait, insoupçonnable d’être un anti-nucléaire, a également déclaré : « Si on veut être prudent, on peut considérer qu'il n'existe pas de seuil en dessous duquel il n'y a pas de problème ».

 Ainsi, pour le professeur BELPOMME : « Ce n’est pas tant la quantité totale de dose reçue que sa répartition, éventuellement à faibles doses, qui est à l’origine des cancers. Chaque dose reçue, aussi faible soit-elle, pouvant être à l’origine d’un effet génotoxique irréversible, c’est-à-dire d’une mutation qui se perpétuera au cours des divisions cellulaires. À la différence des phénomènes de toxicité classique, dans les processus de cancérisation, il n’y a donc pas de dose-seuil, autre que celle liminaire, capable d’induire une mutation. Si les normes réglementaires fixant les doses toxiques à des seuils les plus bas possibles peuvent rassurer, ces seuils sont en réalité le plus souvent encore trop élevés pour éviter l’apparition de cancers. »

 Pour le Comité Européen sur le Risque de l’Irradiation, (CERI) crée en 1997 qui voulait être indépendant de la Commission Internationale de Protection contre les Radiations (CIRP), il est largement admis : « Qu’il existe suffisamment de preuves démontrant qu’une exposition de faible dose due à des matériaux radioactifs artificiels provoquait des problèmes de santé, et que les modèles conventionnels de la CIRP et ceux d’autres agences qui utilisent les mêmes modèles d’évaluation des risques, n’ont aucunement prévu ces effets. »

 Le professeur BELPOMME écrit dans son livre Ces maladies crées par l’homme : « Dans le cas de Tchernobyl, on est en présence d’un effet de dilution des doses d’irradiation et on ne sait rien, ou presque, de l’effet cancérigène de très faibles doses ».

 Georges CHARPAK considère comme conclusion irréfutable que : « même à des faibles doses de radiation reçues à faibles débit, il y a encore une relation linéaire entre le rayonnement reçu et les cancers qu’ils provoquent. (…) L’hypothèse d’une relation linéaire entre la dose de radiation et les morts causées par les cancers implique que les faibles doses de radiation (y compris la radiation naturelle) causent des morts et qu’il n’existe pas de seuil d’innocuité. Cependant au niveau individuel, les morts dues aux faibles doses de radiation ne peuvent être distinguées des autres causes de cancers. Quand le Commissariat à l’énergie atomique écrit pour la France : « L’accident de Tchernobyl n’a eu aucune conséquence statistiquement observable sur la santé dans notre pays », c’est vrai mais incomplet : le nombre de morts causées n’est pas statistiquement observable ou statistiquement significatif, face à l’énorme proportion (20 %) de personnes mourant de cancer qui ne sont pas dus à la radiation, mais cela ne veut pas dire que ce nombre soit égal à zéro. » L’auteur de ces lignes, Prix Nobel, reconnaît donc implicitement que Tchernobyl peut avoir provoqué des morts par cancer en France.

Georges CHARPAK est d’accord avec le professeur TUBIANA lorsque celui-ci écrit : « le risque des faibles doses est certainement extrêmement faible », mais, il souligne dans son livre, être « en profond désaccord lorsqu’il (Tubiana) suggère que le risque devrait être ignoré. » Comme il l’explique, il estime qu’une dose de 1 mSv, soit l’équivalent d’une année de rayons médicaux par Français, en moyenne, conduit à une très petite probabilité de 1 sur  25 000 de mort par cancer. Mais si l’on considère un pays de 60 millions d’habitants, cela donne 2 400 morts par ans…

Toujours dans son livre, Georges CHARPAK estime : « En utilisant le cœficient de la commission, nous estimons que la radiation libérée lors de l’accident de Tchernobyl a causé environ 30 000 morts par cancer mortels, et que nous nous tenons à mi-chemin entre celui qui les estime à 475 000 et ceux qui répondraient sans hésiter que l’effet est voisin de zéro. »[9]

*****

 « à la fois le porte-parole et le maître d’ouvrage d’un collectif créé pour la circonstance, baptisé « vérité Tchernobyl », dont je me propose d’être » comme il le précise « demande donc de faire jouer à plein vos réseaux électroniques, listes, carnets d’adresses et accointances diverses pour convaincre universitaires, professeurs et enseignants de toutes spécialités, praticiens, scientifiques, techniciens, cadres moyens et supérieurs de la fonction publique ou du secteur privé, de joindre leurs signatures à celles de Dominique Vignon, de Jacques Bourdillon, d’Henri Lehn, de José Romélé, d’Alain De Tonnac et de François Poizat (1). Je prie nos amis et leurs amis de faire converger vers ma boîte à lettres le nom, le prénom, la qualité (éventuellement les titres) et les coordonnées de tous ceux qui se dévouent notoirement pour la nation (2) - ou l’ont fait durant une vie laborieuse exemplaire - et qui consentent à se joindre à l’action. Le caractère éminent de leur position socioprofessionnelle n’est surtout pas requis. Toutefois, la signature de nos « Nobel », des représentants du corps médical, du haut encadrement présent et passé d’EDF et de personnalités de référence, comme Henri Métivier de la SFRP, donnerait un relief particulier au caractère solennel de l’appel. »

 Heureusement, tout le monde scientifique ne cautionne pas…

 Force m’est de constater que du groupe de scientifiques ayant travaillé sur le Bulletin d’Epidémiologie Hebdomadaire n° 35 de 2003 sur les cancers de la thyroïde chez les enfants, Claire SCHVARTZ est la seule à avoir son nom au bas de ce texte. Ni Marc COLONNA du registre des cancers de l’Isère, ni Pascale GROSCLAUDE du registre des cancers du Tarn, ni Laurent REMONTET du laboratoire de statistiques, co-signataires du BEH n’ont cautionnés le message aux malades de la thyroïde de Libération ni cet appel solennel à la presse française. Il en est de même de Brigitte LACOUR du registre des Lorraine et qui est à présent responsable du registre des cancers enfant, comme de son collègue le professeur BERNARD, responsable du registre des cancers PACA-Corse.

 Aucun des signataires du rapport IPSN-InVS de décembre 2000 ne sont également présent sur cette liste. Madame Elisabeth CARDIS[10] du CIRC de Lyon, spécialisée sur les cancers de la thyroïde en Europe n’a pas signé cette lettre ni la page de Libération, tout comme les professeurs Dominique BELPOMME, Georges CHARPAK, Florent de VATHAIRE, ni aucun des scientifiques signataires de l’Appel de Paris[11] qui a recueilli l’adhésion et l’appui de personnalités éminentes telles que les deux Prix Nobel de Médecine français, les Professeurs François JACOB et Jean DAUSSET, de nombreux membres des Académies des Sciences et de Médecine parmi lesquels les Professeurs Jean BERNARD, Yves COPPENS, François GROS, Lucien ISRAEL et Luc MONTAGNIER.

 Même le professeur André Aurengo, Chef du service de médecine nucléaire du Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière qui siège au Conseil d'administration d'EDF, et expert auprès de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) et qui a déclaré : le 31 janvier 2002, depuis Ajaccio où il s'était déplacé pour mener sa croisade pronucléaire : « Il n'y a pas d'argument scientifique qui conduise à penser que l'augmentation du nombre de ces cancers soit lié à un "effet Tchernobyl", dont les conséquences sont probablement négligeables en France », même lui n’a pas osé signer cette lettre.

 ******

Le sieur PELLEN écrit : « L’Histoire jugera et ne manquera pas de sanctionner le journalisme français contemporain avec d’autant plus de sévérité qu’il n’aura pas su se ressaisir et reconsidérer une unanimité d’appréciation de l’évènement par trop suspecte, pendant qu’il le pouvait. Non seulement il le peut encore, mais il le devrait plus que jamais, dans l’intérêt de notre démocratie. »

Monsieur, l’Histoire jugera, effectivement,

et vous n’en sortirez pas grandit !

 

[1] Le Monde 13.07.06.

(1) Vosges, ville de l'Est de la France où il a le plus plut le 3 mai 1986 : 33 mm d'eau.

(1) Interview, E.D.J. du 18 au 24 avril 1996.

[2] Characteristic of the Tchernobyl radioactivity in Quebec – J.C. Roy, J.E. Côté, J. Turcotte, A. Mahfoud, S. Villeneuve and L. Lacombe; Department of Chemistry Université de Laval Québec.

[3] W.R. Schell, J. Rosen, D. Strom, J. Yusko, Annual Health Conference Pennsylvania Public Health October 9-10, 1986 State College, Pennsylvania.

[4] Président de l’Association  internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire, IPPNW.

[5] Emissions : Dans le secret du nucléaire – France 2.

[6] Président du Projet de Santé Publique – New York.

[7] Tribunal Permanent des Peuples. Edition Ecodif.

[8] Extrait de sa monographie « Radiation Induecd Cancer from Low-Dose Exposure » et cité dans une lettre ouverte au grand public en date du 11 mai 1999, signée John W. Gofman, M.D., PhD.

[9] De Tchernobyl en Tchernobyls, page 121.

[10] Chef du programme : Radiations et Cancer au Centre International de Recherche sur le Cancer de Lyon. Co-auteur de What is Feasaible and Desirable in the Epidemiologic Follow-up of Tchernobyl by Elisabeth Cardis and Alexey Okeanov préparé pour la conférence de Minsk, mars 1996 ; One decade after Tchernobyl by Elisabeth Cardis, AE Okeanov, L. Nspaugh, K. Mabuchi, VK. Ivanov and A. Prisyazhniuk, conférence internationale de Vienne en avril 1996.

[11] http://www.artac.info/static.php?op=AppelPremPage.txt&npds=1"

MARIANNE 01.06.2006

Expiré

Semaine du jeudi 1 juin 2006 - n°2169 - Notre époque

Tchernobyl

Un mensonge sans conséquences ?

Contrairement à une légende, le professeur Pierre Pellerin, ancien directeur du SCPRI - le Service central de Protection contre les Rayonnements ionisants -, n'a jamais dit que le nuage de Tchernobyl s'était arrêté à la frontière française... Il a seulement répété avec constance que la catastrophe du 26 avril 1986 n'avait eu aucune conséquence sur la santé des Français. Vingt ans après, le professeur Pellerin devait être entendu, le 31 mai, par la juge Marie-Odile Bertella-Geffroy, dans le cadre de l'instruction d'une plainte déposée par des malades de la thyroïde et une association indépendante, la Criirad (1). Quelle que soit la suite donnée à la procédure, il est incontestable que le professeur Pellerin et l'ensemble des autorités françaises se sont abstenus, à l'opposé de leurs homologues européens, de prendre la moindre mesure pour protéger les populations. Le 29 avril 1986, le centre nucléaire de Marcoule (Gard) détecte un niveau de césium 137 multiplié par 20 000 ! Pour le SCPRI, « aucune élévation significative de la radioactivité » sur le territoire. Une dépêche AFP du 2 mai assure : « Aucune raison de mettre en oeuvre des mesures sanitaires spéciales en France, selon le professeur Pellerin.» Puis le SCPRI prétendra qu'«il faudrait imaginer des élévations dix mille ou cent mille fois plus importantes pour que commencent à se poser des problèmes significatifs d'hygiène publique». Depuis, un rapport de l'Institut national de Veille sanitaire a estimé que Tchernobyl était responsable de 7 à 55 cancers de la thyroïde sur l'est de la France. Et le prix Nobel Georges Charpak évalue le bilan du nuage de Tchernobyl en France à 300 cancers mortels (2). Mais à l'époque ce n'était pas un « problème significatif» pour les autorités sanitaires françaises.


(1) Commission de Recherche et d'Information indépendantes sur la Radioactivité ; www.criirad.org

(2) « De Tchernobyl en Tchernobyls », Odile Jacob. Voir aussi, de Jean-Michel Jacquemin-Raffestin, « Cachez ce nuage que je ne saurais voir... », Guy Trédaniel Editeur.


Michel de Pracontal 

Metro 04.06.2006

Expiré

Vingt ans après le passage du nuage sur la France, le professeur Pellerin est accusé de « tromperie aggravée ».

L’Ex-chef du Service Central de protection contre les rayons ionisants a été mis en examen hier par la juge Marie-Odile Bertella-Geffroy en charge de l’enquête sur le passage du nuage de Tchernobyl au-dessus de la France en 1986.

Plus de 500 victimes de maladies thyroïdiennes sont aujourd’hui parties civiles, aux cotés de la Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité (CRII-Rad) et de l’Association française des malades de la thyroïde ( AFMT).

« Mon client a été mis en examen pour infraction au code de la consommation (la tromperie aggravée est un délit utilisé habituellement pour des produits, il est passible de deux ans de prison. NDRL). Ce qui est important, c’est qu’il n’est que témoin pour les questions de santé publique », a déclaré l’avocat du Professeur Pellerin. En effet, le lien de causalité entre les maladies et le nuage radioactif n’a pas été établit.

Relevés de mesures incomplets

Selon une expertise de 2005, Pierre Pellerin a fourni des mesures radioactives incomplètes. Les moyennes départementales auraient masqué la présence d’isotopes radioactifs dangereux concentrés dans certaines zones à forte pluviosité. Le rapport précise que plusieurs relevés établis en France contiennent des valeurs comparables à celle de « certains territoires proches de la centrale de Tchernobyl » entre avril et juin 1986.

La juge a aussi demandé en avril 2005 une étude épidémiologique, en cours, sur les maladies thyroïdiennes dans 13 villages corses. AFP

 

le Figaro Professeur Pellerin 01.06.2006

Expiré

Tchernobyl : le professeur Pellerin, premier mis en cause par la justice

Marie-Christine Tabet

01 juin 2006, (Rubrique France)

L'ancien directeur du service de protection contre les rayons ionisants a été mis en examen hier soir.

 LE PROFESSEUR Pierre Pellerin qui a dirigé pendant près de quarante ans le Service central de protection contre les rayonnements ionisants (SCPRI), organe chargé du risque nucléaire, a été mis en examen hier soir dans le dossier Tchernobyl par le juge Marie-Odile Berthella-Geffroy. A 82 ans, ce haut fonctionnaire est le premier Français mis en cause dans cette affaire.

 Que lui reproche-t-on ? Il est soupçonné d'avoir minimisé les retombées du nuage radioactif en France. Dans leur expertise du 25 novembre 2005, les professeurs Genty et Mouton considèrent que «la restitution par le SCPRI des informations n'a été ni complète ni précise et certaines valeurs ont été occultées». Dans leurs conclusions, ils écrivent : «La publication de valeurs moyennes était de nature à masquer les pics de contamination.»

 

Pour quelles infractions est-il poursuivi ? Le professeur Pellerin a été mis en examen pour tromperie aggravée. Cette qualification, passible de quatre ans d'emprisonnement, de 72 000 euros d'amende, avait conduit le docteur Michel Garretta, dans l'affaire du sang contaminé, en prison. La mauvaise information fournie par Pierre Pellerin aurait conduit à mettre sur le marché des produits dangereux.

 En outre, le scientifique a été placé sous statut de témoin assisté pour des «blessures involontaires». Les plaignants affirment que les radiations leur ont provoqué des cancers de la thyroïde. Pour l'instant, aucun élément matériel ne permet de le démontrer.

 

Pourquoi cette mise en examen vingt ans après ? L'information judiciaire a été ouverte en mars 2001 à la suite d'une plainte de l'Association française des malades de la thyroïde. L'instruction, qui comprend déjà une vingtaine de tomes, a donné lieu à de multiples perquisitions au SCPRI et dans différents ministères. L'expertise demandée par le juge en juillet 2002 lui a été remise en novembre dernier. C'est ce document qui met en cause le directeur de SCPRI.

 

Y aura-t-il d'autres mises en cause ? Un adjoint de l'ancien directeur du SCPRI serait dans le collimateur.

 

Des politiques devront-ils rendre des comptes ? Les ministres de l'Industrie, Alain Madelin, de l'Agriculture, François Guillaume et de la Santé, Michèle Barzach ont géré conjointement la crise. Pour l'instant, les parties civiles ne semblent pas décidées à leur demander des comptes. «Nous verrons bien ce qui a motivé les décisions de Pierre Pellerin, explique Bernard Fau, l'avocat de plaignants, mais il ne s'agit pas d'une chasse aux politiques.»

 

Qu'est-ce qui pourrait faire évoluer le dossier ? Les déclarations du professeur Pellerin ainsi qu'une enquête épidémiologique conduite en Corse, particulièrement irradiée. Seule cette étude sanitaire sur un millier d'écoliers de 1986, scolarisés dans 13 villages, pourrait établir un lien entre des cancers et le nuage radioactif.