Jean-Michel Jacquemin-Raffestin

« On peut tromper tout le monde pendant un certain temps et certains pour toujours, mais on ne peut pas tromper tout le monde éternellement. » Abraham Lincoln

Чорнобиль – Tchernobyl – Chornobyl   Czarnobyla

Tschernobyl – Ciernobil – Чернобыль  –  Chernobyl

Fukushima - 福島 - Фукусима - Fukishima

 « Une erreur n’est pas une vérité parce qu’elle est partagée par beaucoup de gens. Tout comme une vérité n’est pas fausse parce qu’elle est émise par un seul individu. » Gandhi

Préface Corinne Lepage

L’ouvrage de Jean-Michel Jacquemin-Raffestin arrive à point nommé. En effet, le lourd silence est retombé sur Fukushima peut-être plus encore qu’il n’enveloppe Tchernobyl. Peut-être parce que les retombées radioactives ont paru moindres dans le cas de Fukushima que dans celui de Tchernobyl, que la pollution des océans ne se voit pas et que le nuage à l’évidence été plus modeste que celui de son prédécesseur.

Il n’en demeure pas moins que les mêmes causes produisent les mêmes effets et que le lobby nucléaire à œuvrer pour  Fukushima comme il l’avait fait pour Tchernobyl en organisant le silence et surtout l’absence d’études sérieuses et contradictoires sur l’impact réel en terme sanitaire et environnemental de la catastrophe. Alors que 30 ans nous séparent de l’explosion de Tchernobyl, il n’y a toujours aucun consensus sur l’étendue de la catastrophe sanitaire, entre les 20 morts reconnus par certains dont le professeur Tubiana et les centaines de milliers de morts évoqués par des études sur les liquidateurs. Au-delà des morts, les victimes physiques et psychiques se comptent, elles, en millions comme l’a reconnu l’ancien secrétaire général des Nations unies. En fait, tout a été organisé pour permettre « la méconnaissance scientifique », ce qui permet aux défenseurs du nucléaire de continuer à soutenir qu’il s’agit d’une énergie sans danger.

Pourtant, dans le même temps, la première cartographie mondiale du taux de radioactivité naturelle et artificielle supportée par les habitants des différents pays du monde a été rendue publique. Elle met en évidence l’excès de radioactivité en France, en Russie et sur la côte est des États-Unis. Cet été, le centre international de recherche sur le cancer , dans une étude publiée le 21 juin dans la revue The Lancet Haematology, montre que l’exposition prolongée à de faibles doses de radioactivité accroît le risque de décès par leucémie chez les travailleurs du nucléaire. Malheureusement, nous ne disposons d’aucune étude  correspondante et reconnue par la communauté scientifique nucléaire sur les populations vivant au voisinage de Tchernobyl et de Fukushima. Pourtant, les enfants d’aujourd’hui d’Ivankov, premier bourg situé au-delà de la zone interdite de Tchernobyl dans leur immense majorité considérés comme des victimes de Tchernobyl.

En s’attaquant sans aucun tabou à ce sujet majeur, qu’il avait déjà traité à propos de l’impact du nuage de Tchernobyl sur la France, Jean-Michel Jacquemin-Raffestin fait un travail indispensable pour que la vérité sur les conséquences des accidents nucléaires soit connue. Car les victimes le sont doublement : d’une part, dans leur chair, d’autre part dans le refus qui leur est fait de les considérer comme des victimes.

Il est essentiel que le débat puisse être enfin ouvert sur les conséquences sanitaires de Fukushima et poursuivi sur celles de Tchernobyl sans parler de  Kychtym en 1957dans le complexe nucléaire Mayak A l’heure où le monde s’interroge sur ses choix énergétiques pour sortir de l’économie carbonée et où le lobby nucléaire essaye de peser pour inclure l’énergie nucléaire dans les énergies des carbonées qui seraient assimilables à des énergies renouvelables, ce qui est évidemment tout à fait faux, il est indispensable de rappeler les conséquences sanitaires liées aux accidents nucléaires et par voie de conséquence les risques insupportables auquel cette énergie expose les humains pour des générations et des générations.

                                                                                                                     Corinne LEPAGE

 

 

 

Préface Dominique Belpomme

Lorsque Jean-Michel Jacquemin-Raffestin m’a demandé de rédiger la préface de son nouveau livre sur Tchernobyl, j’avoue avoir longtemps hésité. Je suis un scientifique et le contenu de ce livre ne relève pas de la science. Il fouille les poubelles de l’histoire. Mais il y a des exceptions et ce livre en est une. Il s’apparente à une investigation journalistique. Il rappelle comment, après la survenue de la catastrophe les autorités publiques et politiques de notre pays ont géré la crise liée aux retombées du nuage radioactif et comment s’est comportée une partie de l’intelligentsia scientifique.

L’absence de transparence, la désinformation, parfois même le mensonge ont été au cœur des problèmes de communication ; comme pour l’amiante, Tchernobyl recouvre une valeur pédagogique. De façon absurde, on a d’abord nié l’existence du nuage au dessus de notre pays, puis une fois l’idée du nuage devenue incontournable, on a menti sur les chiffres. Ce qui a conduit à ne pas prendre les mesures essentielles, en particulier protéger les plus exposés de nos concitoyens (en particulier les enfants) en leur imposant de prendre oralement de l’iode, afin d’éviter la survenue ultérieure de problèmes thyroïdiens. On sait à quelle faillite extrême ce type de déni sociétal pourrait conduire s’il n’était pas dénoncé avec force.

C’est donc la raison de cette préface, qui vient après celle que Théodore Monod avait rédigé pour le premier livre sur Tchernobyl de l’auteur.

Aujourd’hui, Théodore Monod n’est plus. Mais il nous a livré un message que je m’impose de transmettre en tant que médecin et que transmet l’ARTAC[1], celui de l’Appel de Paris : si nous continuons à polluer la planète comme nous le faisons aujourd’hui, c’est l’espèce humaine qui disparaîtra. Et Tchernobyl ou d’autres accidents similaires, et de façon plus générale le nucléaire, contribue à cette pollution. Mais qu’on s’entende bien ! Ce que je dénonce aujourd’hui n’est pas le nucléaire. Car nous en aurons probablement besoin dans les années à venir, même s’il est acquis que la réalisation d’économies d’énergie et l’utilisation d’énergies renouvelables seront indispensables. Je dénonce l’absence de transparence, le mensonge et finalement l’absence de courage politique. Dire qu’avec le nucléaire, il n’y a aucun danger est absurde, mais qu’il est à l’origine de tous nos maux l’est tout autant.

En matière d’évaluation des risques sanitaires, sans doute doit on souligner que l’approche des physiciens n’est pas celle des médecins et vice versa. Dans le domaine de la santé, extrapoler, prévoir est extrêmement difficile, voire impossible, même pour les spécialistes les plus avertis. Ainsi, les estimations optimistes de mon ami Maurice Tubiana ont elles été sévèrement critiquées par le prix Nobel de physique Georges Charpak, dans son dernier livre[2], alors que selon nos propres estimations à l’ARTAC, nous pensons que celles de Georges Charpak sont encore très probablement en dessous de la réalité, en raison de l’hétérogénéité biologique de répartition des doses radioactives dans l’organisme et dans les populations irradiées.

Et c’est probablement à Youri Bandazhevsky qu’il faut rendre hommage, bien qu’on ne puisse évaluer scientifiquement ses travaux, en raison du manque d’information lié à sa détention. Une détention qui en elle-même apparaît être un scandale.

Mais là encore qu’on s’entende bien ! S’il apparaît possible que la radioactivité artificielle (explosions nucléaires comprises) ait occasionnée plusieurs centaines de milliers de mort par cancer depuis ces 50 dernières années (sans compter les désordres génétiques induits et les problèmes de stérilité), aujourd’hui rien n’indique que dans notre pays, Tchernobyl ait eu un retentissement aussi important que certains le disent ou, à l’inverse, qu’il n’en ait eu aucun, comme les organismes institutionnels voudraient le faire croire. En vérité nous n’en savons rien et il est fort probable que nous n’en saurons jamais rien avec certitude, tant les analyses scientifiques sont complexes et nécessitent d’être conduites en toute indépendance. C’est ce que j’ai exprimé dans la « fable du fruit pourri »[3] selon laquelle des faibles doses de rayonnement peuvent interagir avec d’autres facteurs environnementaux. Et c’est aussi pourquoi l’ARTAC mène actuellement sa propre étude scientifique en Corse.

Or ce qui est grave ici, c’est que la très mauvaise gestion de la crise a semé le doute dans l’esprit de nos concitoyens, et qu’ils ont de ce fait totalement perdu confiance dans leurs dirigeants politiques, responsables institutionnels et même scientifiques.

Ce livre est un témoignage au jour le jour de ce que les autorités n’auraient pas dû faire. A l’occasion des 20 ans de Tchernobyl, souhaitons à ce livre un plein succès;

                                                                                                               Dominique Belpomme.

                                                                                                                                                        

[1] ARTAC Association pour la Recherche Thérapeutique Anticancéreuse 57-59 rue de la Convention 75015 PARIS web : www.artac.info    mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

[2] Georges Charpak  De Tchernobyl en Tchernobyls  Odile Jacob

[3] Dominique Belpomme  Ces maladies crées par l’homme  Albin michel

Préface Jean-Guy TALAMONI

« Ça ne menace personne actuellement… sauf peut-être dans le voisinage immédiat de l’usine, et encore… »

Ces mots ont été prononcés le 29 avril par le Professeur Pierre Pellerin, Directeur du Service Central de Protection contre les Rayons Ionisants (SCPRI) Ils correspondent en tout point à l’attitude des pouvoirs publics français face à ce qui allait devenir une terrible catastrophe, un drame humain épouvantable.

Le cap était fixé : nier, nier l’évidence coute que coute. Promouvoir le mensonge d’Etat ou de l’Etat, suivant la subtile nuance de Lionel Jospin à propos de l’affaire Bonnet.

Imposer ce mensonge à tous, depuis les fonctionnaires du CEA, auxquels on interdit de vérifier les chiffres officiels, jusqu’aux pompiers, dont on confisque le matériel de détection, en passant par les journalistes de la chaine de service public, auxquels on fait passer de fausses cartes météorologiques.

Nier et instaurer le black-out !

Je me souviens personnellement avoir vécu une scène caractéristique du climat régnant à l’époque. Deux ans après la catastrophe, j’ai eu l’occasion, dans le cadre de ma formation professionnelle, d’être reçu au ministère de l’Environnement avec une quinzaine d’autres élèves avocats. L’accueil était cordial, l’ambiance décontracté, les hauts fonctionnaires qui nous recevaient se montraient particulièrement affables.

Après avoir suivi de longs développements sur la pollution des rivières et les pluies acides, je risquai une question sur les retombées de la catastrophe de Tchernobyl en Corse. Les visages se figurent instantanément. On me répondit en substance qu’il ne s’était rien passé dans l’île, sur un ton destin à me faire comprendre tout ce que ma question avait de déplacé ! Nous prîmes congés dans un silence glacial, sans que l’on cherche à nous retenir davantage…

Lorsque me viennent à l’esprit les images des enfants irradiés d’Ukraine et de Biélorussie, ces « Enfants de Tchernobyl », j’ai quelques scrupules à évoquer le cas de mon pays, incomparablement moins frappés par le désastre. Pourtant, il est tout ? fait probable qu’en Corse aussi – dans une moindre mesure – Tchernobyl ait tué.

Les autorités françaises ne sont évidemment pas directement en causes dans la survenue de la catastrophe, mais leur responsabilité est grande quant aux conséquences en matière de santé publique sur le territoire soumis à leur contrôle. Aujourd’hui encore, ces conséquences ne sont pas volontiers reconnues. Nous n’en voulons pour preuve que les récents propos – pour le moins embarrassés – du Professeur Jean-François Lacronique, successeur du Professeur Pellerin : « S’il y a bien une petite augmentation… enfin… heu… une petite… je ne cherches pas à relativiser… disons qu’il y a un doublement de la pathologie thyroïdienne en France depuis une quinzaine d’années, dont on ne connait pas bien la cause… »[1]

Sans commentaire !

Toujours est-il qu’à l’époque de la catastrophe, aucune mesure de protection n’a été prise par la France, à la différence des états voisins

La Corse ayant atteint le record des précipitations au moment où passait le nuage, elle fut particulièrement touchée. Les habitudes alimentaires insulaires amplifièrent encore le danger. Dans un seul fromage, le « brocciu », on pouvait trouver jusqu’à 100.000 becquerels d’iode 131, soit la dose annuelle à ne pas dépasser pour un adulte !

Pendant que sur la péninsule italienne toute proche, de nombreux produits étaient retirés du marché, on répétait inlassablement aux Corses, comme aux Français, que les retombées étaient inexistantes. Comme si le nuage avait hésité à franchir la frontière…

Quinze années plus tard, la vérité commence à être dévoilée. Jean-Michel Jacquemin-Raffestin y avait déjà apporté une contribution déterminante à travers « Ce fameux nuage… » publié en 1998. Ce nouvel ouvrage permettra au lecteur de se faire une idée plus précise et plus actuelle des tenants et des aboutissants de cette affaire.

Au moment où je fus saisi du dossier au titre de la Commission des affaires européennes de l’Assemblée de Corse, Monsieur Jacquemin-Raffestin me fit profiter de sa parfaite connaissance du sujet. Aujourd’hui, à la demande de la Commission, puis de l’Assemblée de Corse, la réalisation d’une enquête épidémiologique a été décidée.

Le mensonge commence enfin à reculer, lentement et tout aussi maladroitement qu’il s’était imposé en 1986. Car, comme le rappelle la sagesse populaire : « A bugia hè scianca ».[2]

                                                                                                            

                                                                                                                            Jean-Guy TALAMONI 

                                                                                                                              Conseillé territorial

                                                                                           Président de la Commission des affaires européennes

                                                                                                                        De l’Assemblée de Corse.

[1] ? Tchernobyl, autopsie d’un nuage - France 3 – 12 octobre 2000.

[2] Dicton corse : Le mensonge est boiteux.

Préface Théodore Monod

La catastrophe de Tchernobyl (26 avril 1986) n'a pas fini de terrifier l'Europe et de poser à un public qui refuse des informations téléguidées et partiales du lobby nucléaire, les réflexions les plus graves sur la situation la plus inquiétante créée désormais par l'impasse où la France a tenu, seule d'ailleurs parmi les nations industrielles, à se précipiter tête baissée, au risque de voir la doctrine du "tout nucléaire" conduire le pays à des dangers d'ampleur sans cesse croissants.

Le terrible problème des déchets a enfin révélé qu'il était devenu pratiquement insoluble malgré tant d'affirmations optimistes inspirées sans doute à l'E.D.F. à ce qu'elle appelle, apparemment sans rire sa "transparence".

On ne fera donc jamais assez pour informer impartialement les français sur le redoutable problème que pose désormais la poursuite d'une industrie nucléaire qui doit faire face à des menaces sans cesse nouvelles et sans cesse grandissantes parmi lesquelles la question des déchets devrait inspirer quelque modestie aux défenseurs attitrés du nucléaire.

On sera donc heureux de voir un chercheur compétent Monsieur Jean-Michel Jacquemin mettre son importante documentation au service de la vérité et non de la propagande, au risque de surprendre, voire de scandaliser de nombreux lecteurs imprudemment habitués à faire confiance aux affirmations d'une autorité trop souvent soucieuse de ses intérêts que de la vérité.

Cet important ouvrage se divise en deux parties, la première se trouvant consacrée aux conséquences du passage sur l'Europe du centre et de l'ouest du nuage radioactif libéré par l'explosion de Tchernobyl, et la seconde traitant des conséquences locales de la catastrophe du 26 avril 1986.

En ce qui concerne la diffusion européenne du nuage radioactif, les lecteurs français devront constater qu'à côté des nations ayant prit des mesures de protection (Hollande, Allemagne, Suède, Italie, Grèce), concernant, par exemple, le lait et certains légumes, la France restera volontairement muette puisque la version officielle diffusée par la presse était que le nuage radioactif se serait bien gardé de franchir les frontières orientales de notre pays.

Nombre de données précises, acquises depuis, prouvent cependant qu'il n'en n'était rien et que ni l'Alsace ni le Mercantour ni la région Niçoise, ni la Corse n'ont été épargnées par les radionucléïdes des Ukrainiens. Pour l'Est de la France, à Clairvaux-les-lacs (Jura), on relève pour le 1er mai 1986 un taux de 36.630 Bq/m2 en césium 137, et dans la forêt du Boréon (Var) une radioactivité de 56.900 Bq/m2 en césium 137.

C'est à la rémanence de ces pollutions que l'on doit les chiffres récemment relevés chez des champignons et des sangliers. Cette histoire est édifiante, elle est en tous cas bonne à connaître pour ceux qui croient encore à la "transparence" des pouvoirs publics quand il s'agit des problèmes gênants pour les services officiels.

La partie du livre traitant des problèmes se posant dans la région de Kiev, à proximité de Tchernobyl sont l'objet d'un exposé détaillé, qui lui aussi provoquera quelques surprises chez le lecteur français. On peut craindre en effet que les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl ne se révèlent avec le temps qui passe infiniment plus graves pour la santé humaine qu'on ne nous l'avait dit jusqu'ici. On comprend d'ailleurs que le puissant lobby nucléaire ne tient nullement faire connaître les dimensions véritables d'une tragédie dont l'ampleur ne peut encore être que très partiellement soupçonnée.

L'ouvrage de Monsieur Jean-Michel Jacquemin, nourri d'une documentation dont on appréciera la richesse et la précision, constituera un recueil des sources et des références que l'on voudrait voir largement utilisé par tous ceux qui ont la mission de dire au public la vérité et, par conséquent, en tout premier lieu, aux journalistes. On peut imaginer le volume des oppositions que la publication de cet ouvrage ne manquera pas de susciter : elles sont prévisibles mais n'enlèveront rien à la sagesse du dicton latin "amicus Plato sed magis amica véritas". (1)

 

                                                                                                                                                        Théodore Monod

 

 

(1) Platon est mon ami, mais la vérité est ma grande amie.

Préface D. BELPOMME english

When Jean-Michel Jacquemin-Raffestin asked me to write the preface of his new book on Chernobyl, I must admit that I had been hesitating for a long time. I am a scientist, and the content of the book is not a product of science. It goes deeply into the trash cans of history. But there are exceptions, and the book represents one of them. It is linked to a journalistic investigation. It recalls how, after the catastrophe, public and political authorities in our country coped with the crisis linked to the consequences of the radioactive cloud, and how a certain part of the scientific intelligentsia behaved.

The absence of transparency, disinformation, and sometimes even lies have been at the heart of communication problems; just like for asbestos, Chernobyl has an educational dimension. In an absurd way, the existence of the cloud above our country was first denied, and once the idea of the cloud became uncontrollable, figures were then lied about. It led to the consequence of not taking major measures to protect the more exposed of our citizens (particularly children and pregnant women) by compelling them to take oral iodine tablets to avoid future thyroid problems. We all know which extreme failure this kind of social denial could lead to if it were not fiercely denounced.

This is the reason for the preface that comes after the one Théodore Monod had written for the author’s first book: That famous cloud … France contaminated [1].

Today, Théodore Monod is not anymore. But he delivered a message that I have the task to transmit as a physician, and that the ARTAC [2] vehicles as well, that of The call of Paris: If we carry on polluting our planet as we are doing it now, it is the whole human race that shall disappear. Chernobyl, other similar accidents, and nuclear power more generally, largely contribute to that pollution. But understand me! What I denounce today is not nuclear power because we will probably need it for the years to come, even if it is taken for granted that it will be essential to make energy savings and to use renewable energies. I denounce the lack of transparency, lies, and eventually the absence of political courage. Saying that there is no danger with nuclear energy is nonsense just as it is nonsense to say it represents the origin of all the trouble. In terms of evaluation of the sanitary risks, we must probably underline that a physicists’ approach is not that of physicians’, and vice versa. In terms of health, even for the most well-informed specialists, extrapolations and predictions are extremely difficult, even impossible to make. Therefore, my friend Maurice Tubiana’s optimist estimations have fiercely been criticized by Nobel Physics Prize Georges Charpak in his last book [3], whereas according to our own ARTAC estimations, we think that Georges Charpak’s are still most certainly underneath reality due to the biological heterogeneousness of the distribution of radioactive doses in organisms as well as in irradiated populations.

And it is probably necessary to honour Youri Bandazhevsky although it is impossible to scientifically evaluate his work due to the lack of information concerning his detention. A detention that appears in itself as a real scandal. But here again, understand me! If it seems possible that artificial radioactivity (nuclear explosions included) may have caused several hundred thousands of deaths by cancer in the last 50 years (without taking into consideration induced genetic disorders and infertility problems), nothing indicates that today, in our country, Chernobyl has had as an important impact as some people would say or, on the contrary, that there has been none, as institutional organizations would like us to believe.

The truth is that we do not really know, and it is most likely that we never will with certainty, so complex some scientific analysis are, and they also need to be conducted in full independence.

This is what I expressed in “The Rotten Fruit Fable”[4] according to which some very small doses of radiations may interact with other environmental factors, and this is also the reason why the ARTAC currently leads its own scientific investigation in Corsica.

But what is serious here is the dreadful mismanagement of the crisis that has generated doubts in our fellow citizens’ minds, and that they have consequently lost confidence in their political leaders as well as institutional, and even scientific people in charge.

The book is a day to day testimony of what authorities should not have done. For the 20th anniversary of Chernobyl, let’s wish for the book all the success it deserves.