Besoin de vacances? Tchernobyl dévoile ses charmes 
MÉTRO WORLD NEWS - 25 novembre 2009 - ELISABETH BRAW  

En 1986, quelques mois après la plus grave catastrophe nucléaire de l’histoire civile, Sergii Mirnyi participe aux opérations de décontamination à Tchernobyl. Aujourd’hui, il guide les touristes dans les rues de la ville ukrainienne. «Une vaste zone autour de la centrale est inhabitée; vous n’y trouverez personne, raconte M. Mirnyi à Métro. Des dizaines de milliers de maisons et d’immeubles sont couverts de végétation. On peut aussi voir des animaux sauvages dans les rues.»

La catastrophe, qui a entraîné la fusion du c½ur de l’un des réacteurs de la centrale de Tchernobyl, a forcé l’évacuation de 300 000 personnes et a été la cause d’une épidémie de cancer de la thyroïde chez les enfants de la région. Au cours des opérations de décontamination entreprises quelque temps après la catastrophe, M. Mirnyi a commandé un groupe chargé d’effectuer des relevés de la radioactivité. «Tchernobyl et Pripiat, les deux villes qui ont été les plus touchées, sont très intéressantes, car elles permettent de comprendre les conséquences que peut avoir un accident ou une attaque terroriste nucléaire, explique-t-il. Et ce qui est bien, c’est qu’elles sont aujourd’hui à peu près sans danger pour les visiteurs.»

Le spécialiste de l’utilisation de l’atome Ed Lyman, membre de l’Union of Concerned Scientists, un groupe de scientifiques et de citoyens basé à Washington, s’est rendu deux fois à Tchernobyl. «Y passer quelques heures ne présente aucun risque, dit-il. Mais je ne conseille à personne de rester trop longtemps à proximité du réacteur. Les guides touristiques omettent d’expliquer aux gens que la visite comporte certains dangers.»

Des visites populaires
Afin de faire découvrir aux curieux les particularités de Tchernobyl, M. Mirnyi a eu l’idée de proposer des visites guidées de la ville ukrainienne. «Ces visites sont vite devenues très populaires, se réjouit-il. Les gens veulent voir l’endroit où ça s’est passé, ils veulent connaître les conséquences d’une exposition à une forte radioactivité et savoir ce qu’il faut faire pour survivre dans de telles conditions. Et puis, où auriez-vous l’occasion de vous promener avec un radiomètre-dosimètre, sinon à Tchernobyl?»

De nombreux touristes, notamment des États-Unis, du Canada, du Royaume-Uni, de France, d’Italie, de Hongrie et de Russie, ont ainsi découvert le charme particulier de la région de Tchernobyl. M. Mirnyi, qui ne manque pas de rappeler sa participation à la décontamination de la zone de 30 km2 entourant le fameux réacteur no 4, a même décidé de raffiner son offre. Il propose depuis peu des visites à la thématique plus pointue, comme en témoignent leurs noms : Visite des places évoquant la gloire de Tchernobyl, Parcours d’analyse de la radioactivité, etc. «Pour la plupart des visiteurs, les principaux points d’intérêt sont le colossal sarcophage de béton qui renferme le réacteur, la ville morte de Pripiat et la vie sauvage qui a repris ses droits dans les anciennes zones urbaines, raconte-t-il. Mais plus que tout, ce qui impressionne vraiment les touristes, c’est la stupéfiante beauté de la région.»

Quelques faits
Les 50 000 habitants de Pripiat ont été évacués le lendemain de la catastrophe, soit le 27 avril 1986. La cité, qui se trouve à trois kilomètres de la centrale nucléaire de Tchernobyl, est depuis inhabitée et envahie par la végétation. Figée dans le temps, elle constitue un témoignage de la vie à l’ère soviétique.

La ville de Tchernobyl, située à 14 km de la centrale nucléaire, est aujourd’hui en partie abandonnée et prise d’assaut par la végétation. Des bureaux et des immeubles d’habitation accueillent les cadres qui administrent la zone où se trouve le réacteur ainsi que les 3 000 personnes qui travaillent