La première mise en examen de l'après Tchernobyl

Vingt ans après le passage du nuage suur la France, le professeur Pellerin est accusé de «tromperie aggravée ».

L’Ex-chef du Service Central de protection contre les rayons ionisants a été mis en examen hier par la juge Marie-Odile Bertella-Geffroy en charge de l’enquête sur le passage du nuage de Tchernobyl au-dessus de la France en 1986.

Plus de 500 victimes de maladies thyroïdiennes sont aujourd’hui parties civiles, aux cotés de la Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité (CRII-Rad) et de l’Association française des malades de la thyroïde ( AFMT).

« Mon client a été mis en examen pour infraction au code de la consommation (la tromperie aggravée est un délit utilisé habituellement pour des produits, il est passible de deux ans de prison. NDRL). Ce qui est important, c’est qu’il n’est que témoin pour les questions de santé publique », a déclaré l’avocat du Professeur Pellerin. En effet, le lien de causalité entre les maladies et le nuage radioactif n’a pas été établit.

Relevés de mesures incomplets

Selon une expertise de 2005, Pierre Pellerin a fourni des mesures radioactives incomplètes. Les moyennes départementales auraient masqué la présence d’isotopes radioactifs dangereux concentrés dans certaines zones à forte pluviosité. Le rapport précise que plusieurs relevés établis en France contiennent des valeurs comparables à celle de « certains territoires proches de la centrale de Tchernobyl » entre avril et juin 1986.

La juge a aussi demandé en avril 2005 une étude épidémiologique, en cours, sur les maladies thyroïdiennes dans 13 villages corses. AFP